lundi 2 novembre 2026

Le secteur bancaire haïtien conteste les accusations de blanchiment formulées par l’ONU

L'économiste William Savary dénonce les accusations de blanchiment portées contre les banques haïtiennes par un groupe d'experts de l'ONU et appelle les autorités monétaires à réagir rapidement pour éviter un isolement financier.

Le secteur bancaire haïtien conteste les accusations de blanchiment formulées par l'ONU
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L’économiste et analyste financier William Savary a exprimé son mécontentement face au rapport d’un groupe d’experts des Nations Unies qui accuse le système bancaire haïtien d’être impliqué dans le blanchiment d’argent. Selon lui, ces allégations sont injustes et risquent de fragiliser l’ensemble du secteur.

Savary insiste sur la nécessité d’une réaction ferme de la Banque de la République d’Haïti (BRH) et de l’Association des Professionnels de Banques (APB). Il rappelle que, bien que certains directeurs d’agences puissent être complices de réseaux criminels, il ne faut pas généraliser ces cas à toutes les institutions financières du pays.

Conséquences potentielles

L’expert met en garde contre un possible isolement du système bancaire haïtien. Il indique que plusieurs banques étrangères ont déjà cessé leurs relations de correspondance avec les établissements haïtiens, de peur d’encourir des sanctions de la part des autorités financières internationales.

Pour contrer le rapport, Savary suggère que la BRH adresse une lettre officielle de rejet, en s’appuyant sur son unité dédiée à la lutte contre le blanchiment d’argent. De son côté, l’APB pourrait formuler une protestation publique et, le cas échéant, engager une action judiciaire contre les auteurs du rapport afin de présenter les dispositifs de prévention déjà en place.

Il souligne également que les banques commerciales haïtiennes appliquent des contrôles stricts : tout dépôt supérieur à 10 000 dollars doit être accompagné d’une justification de son origine. Cette mesure vise à empêcher l’infiltration de fonds illicites via des sociétés écrans, des placements ou des activités à fort cash‑flow comme la restauration ou le commerce de détail.

Malgré les difficultés, Savary reste confiant dans la capacité du secteur à fournir des preuves tangibles de ses mécanismes anti‑blanchiment. Il rappelle que le système bancaire haïtien demeure l’un des plus rentables du pays, fruit d’un travail assidu et du professionnalisme de ses dirigeants.


Source : Radio Métropole
Radio Métropole