Le département de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) aux États-Unis a annoncé un projet d’achat de gants capables de délivrer des décharges électriques de 324 à 362 volts. Commercialisés sous le nom de G.L.O.V.E. (Generated Low Output Voltage Emitter), ces appareils sont présentés comme des outils de désescalade, censés remplacer l’usage d’armes à feu lors d’interventions contre des migrants ou d’autres personnes jugées non coopératives.
Des gants au service de la soumission
Le dispositif ressemble à une paire de gants ordinaires, avec un bouton activable sur le dos de la main. Selon le fabricant, la décharge ne laisse ni brûlure ni marque visible, mais provoque une douleur suffisante pour désorienter temporairement la victime. Les protocoles internes limitent la durée du choc à quinze secondes et excluent son usage sur la tête, le visage, la gorge, les enfants, les femmes enceintes ou les personnes présentant des problèmes cardiaques. Aucun détail n’a été fourni sur la formation des agents ni sur les mécanismes de contrôle post‑intervention.
Surveillance électronique des Haïtiens en Ohio
Parallèlement, l’ICE a intensifié le recours aux moniteurs électroniques pour des ressortissants haïtiens dont le statut de protection temporaire a été révoqué. Dans plusieurs bureaux de l’agence à Springfield, des individus ont quitté les lieux avec un bracelet GPS attaché à la cheville. Cette mesure, justifiée par le manque de places en détention, transforme le domicile, le lieu de travail ou l’église en extensions de la surveillance étatique.
Des témoignages recueillis montrent que certains migrants, convaincus de se rendre à un simple rendez‑vous administratif, ont été classés comme « criminels » sans accusation formelle. Le port du bracelet, souvent dissimulé aux enfants, symbolise une forme de contrainte continue, rappelant les expériences historiques d’oppression.
Les deux technologies – gants électrifiés et bracelets GPS – illustrent une évolution des moyens de contrôle : l’une inflige une douleur immédiate pour obtenir l’obéissance, l’autre impose une surveillance permanente en attendant une éventuelle expulsion. Les critiques soulignent le risque d’abus, notamment l’absence de traces visibles pour les victimes de chocs et la difficulté de contester l’usage du dispositif sans enregistrement fiable.
Alors que les autorités américaines justifient ces outils comme des alternatives « plus humaines » aux balles ou aux cellules, les organisations de défense des droits humains appellent à une transparence accrue, à des garanties juridiques et à une évaluation indépendante avant tout déploiement.
Source : AlterPresse
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