Le groupe d’experts mandaté par les Nations unies a publié en septembre 2026 son rapport final (référence S/2026/714). Parmi les constats, il accuse Rosemila Petit‑Frère, ancienne mairesse d’Arcahaie et femme d’affaires, d’entretenir des contacts réguliers avec des chefs de gangs avant la création de la coalition Viv Ansanm en 2023.
Relations avec des chefs de gangs
Selon les enquêteurs, Rosemila Petit‑Frère aurait communiqué à plusieurs reprises avec Renel Destina, connu sous le surnom « Ti Lapli », à la tête du gang de Grand Ravine, ainsi qu’avec Jean Gardy, alias « Pece Pim Pim », figure du groupe Krache Dife. Le rapport indique que des informations confidentielles relatives à des opérations de la Police nationale d’Haïti auraient été transmises à ces dirigeants, notamment concernant des interventions prévues contre leurs réseaux.
Soupçons de détournement de fonds publics
Le document examine également des contacts de l’ancienne mairesse avec des responsables de l’administration, notamment au sein de la Caisse d’assistance sociale. Les experts avancent que ces relations auraient facilité la nomination de certaines personnes à des postes stratégiques, et qu’une partie des ressources publiques aurait été redirigée vers le gang de Jean Gardy.
Trois entreprises liées à Rosemila Petit‑Frère – le Centre Commercial, le groupe Radio Mono 96.3 FM et Excel Travel – sont citées comme canaux potentiels pour réintégrer dans l’économie légale des fonds issus d’activités illicites.
Parcours judiciaire
Les faits reprochés ne sont pas nouveaux. En août 2025, Rosemila Petit‑Frère a été arrêtée en République dominicaine lors d’un retour du Canada et remise aux autorités haïtiennes. Son dossier a été confié au cabinet d’instruction, puis, en janvier 2026, le juge Mathieu Chanlatte a délivré une ordonnance de mainlevée pour raisons médicales, sans mettre fin à la procédure.
Rosemila Petit‑Frère a formellement contesté les accusations du groupe d’experts. Après examen de ses observations, les experts ont confirmé leurs conclusions, précisant toutefois que le rapport de l’ONU ne constitue pas une condamnation judiciaire et que les investigations haïtiennes restent en cours.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info