Le porte‑parole du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Stéphane Dujarric, a indiqué que la grande majorité des militaires salvadoriens présents en Haïti ne relèvent pas de la Force de répression des gangs (FRG), soutenue par les Nations unies. En conséquence, ces soldats échappent au mandat et au dispositif de reddition de comptes de la FRG.
Contexte du déploiement salvadorien
Le président du Salvador, Nayib Bukele, a annoncé le 2 novembre 2026 le déploiement de plus de 2 000 militaires sur le sol haïtien. Cette décision fait suite à l’enlèvement et à l’assaut du 18 octobre 2026 contre quatre techniciens militaires salvadoriens dans la plaine du Cul‑de‑Sac, au nord de Port‑au‑Prince. Le sort de ces techniciens reste inconnu. Les troupes ont été repérées à Tabarre et ont participé à des opérations conjointes avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et la FRG dans les zones de Carrefour Shada, Croix‑des‑Missions et Santo 17.
Réactions internationales et demandes de médiation
Le président américain Donald Trump a exprimé son soutien politique à Bukele, affirmant que chaque pays devait prendre les mesures qu’il jugeait nécessaires. Il a toutefois déclaré que les États‑Unis n’envisageaient pas d’assistance directe au Salvador.
Par ailleurs, le chef du gang 400 Mawozo, Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », a envoyé une lettre datée du 1 novembre 2026 au secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Dans ce courrier, il sollicite une médiation des Nations unies pour instaurer un dialogue entre les forces internationales présentes et son groupe. L’ONU a reçu la lettre sans la considérer comme une approbation de son contenu ni comme une reconnaissance de son auteur.
Le gang 400 Mawozo est notamment connu pour l’enlèvement de 17 missionnaires chrétiens en octobre 2021, dont 16 ressortissants américains et un Canadien. Wilson Joseph fait l’objet de poursuites aux États‑Unis pour prise d’otages et complot, avec une récompense pouvant atteindre un million de dollars pour toute information menant à son arrestation.
Stéphane Dujarric a rappelé que toute opération de sécurité devait être menée dans le respect du droit international et a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences des violences sur les populations civiles haïtiennes.
Source : AlterPresse
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