dimanche 1 novembre 2026

Organisations haïtiennes réclament la reconnaissance officielle du créole comme version de l’hymne national

Une pétition signée par une centaine de représentants d'organisations et d'institutions demande au gouvernement haïtien d'adopter la version créole de l'hymne national, "Pou Ayiti Peyi zansèt nou", comme texte officiel.

Organisations haïtiennes réclament la reconnaissance officielle du créole comme version de l'hymne national
Partager cet article

Une coalition d’organisations haïtiennes a présenté une pétition visant à faire reconnaître officiellement la version créole de l’hymne national, intitulée « Pou Ayiti Peyi zansèt nou ». Le texte, signé par une centaine de représentants provenant de tous les départements du pays ainsi que de la diaspora, a été remis à l’État le 3 octobre 2026.

Objectif de la démarche

Les signataires, parmi lesquels la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains, la Commission épiscopale nationale catholique romaine Justice et Paix (Ce‑Jilap), Batay ouvriye et le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), demandent l’adoption d’un décret‑loi qui officialiserait la version créole en remplacement de la version française. Ils souhaitent que cet hymne soit chanté lors de toutes les cérémonies officielles, des levées de drapeau dans les écoles et tout autre espace public ou privé.

Contexte et revendications constitutionnelles

Les pétitionnaires rappellent que l’article 5 de la Constitution de 1987 désigne le créole comme la langue qui unit tous les Haïtiens, tandis que l’article 213 impose à l’État la création d’une Académie du créole haïtien. Ils dénoncent ce qu’ils perçoivent comme un héritage colonial qui continue de marginaliser la langue et la culture créoles, et réclament des réparations symboliques pour corriger cette situation.

Lors d’une réunion à Jacquesil, localité de la commune de Caracol dans le Nord‑Est, du 1er au 4 octobre 2026, les participants ont débattu du thème des réparations et de la restitution pour Haïti. Ils ont invité l’Akademi kreyòl ayisyen (Aka) à rejoindre le mouvement afin de garantir que la version créole devienne l’hymne national officiel.

Évolution du créole et actions éducatives

Malgré des résistances persistantes, le créole connaît un essor notable depuis son inscription comme langue officielle dans la Constitution de 1987. L’Akademi kreyòl ayisyen organise, dans le cadre du mois de la langue et de la culture créoles, des conférences, des débats et des campagnes de sensibilisation dans les écoles du Sud, du Nord et de l’Ouest, incluant la capitale Port‑au‑Prince. Ces initiatives visent à encourager les jeunes à parler et à écrire en créole, renforçant ainsi la visibilité de la langue dans la vie publique.

Les signataires soulignent que, bien que la version créole de l’hymne soit déjà utilisée dans de nombreux contextes, elle n’est pas encore systématiquement chantée lors des cérémonies officielles ou des événements sportifs, d’où l’urgence de leur demande.


Source : AlterPresse
AlterPresse