Les Nations unies ont indiqué que, entre janvier et août 2026, environ 200 000 personnes ont été renvoyées vers Haïti. Ce flux, déjà supérieur à celui de la même période l’an passé, s’inscrit dans un contexte où le pays fait face à une combinaison de violences armées, de pauvreté généralisée et d’insécurité alimentaire.
Des retours massifs depuis la République dominicaine
Une part importante de ces expulsions provient de la République dominicaine, où les autorités ont intensifié les contrôles migratoires. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) signale que les personnes concernées comprennent de nombreuses femmes, enfants et familles vulnérables, dont des femmes enceintes ou allaitantes.
Ces déplacements ne se traduisent pas toujours par un retour dans les foyers d’origine. Beaucoup arrivent dans des zones où la sécurité est précaire, ou sont contraints de s’établir dans des camps déjà surpeuplés, sans accès stable à l’eau, à la nourriture ou à un logement décent.
Pression accrue sur les services humanitaires
Le pays accueille déjà plus d’un million et demi de déplacés internes. L’ajout de près de 200 000 nouveaux arrivants augmente la charge sur les organisations humanitaires, qui peinent à répondre simultanément aux besoins de protection, de santé, d’alimentation et de logement.
Les Nations unies estiment que 5,7 millions de Haïtiens vivent dans une insécurité alimentaire sévère. Chaque nouveau groupe de retours renforce le risque d’un cercle vicieux où la pénurie de ressources conduit à davantage de déplacements et de vulnérabilité.
Défis de réintégration
Le gouvernement haïtien ne dispose pas d’un dispositif national clairement structuré pour accueillir et réinsérer ces personnes. L’absence de bases de données fiables sur les compétences et les besoins des retours complique la mise en place d’aides ciblées.
Pour les migrants qui avaient trouvé un emploi à l’étranger, le renvoi brutal implique souvent la perte de revenus, la rupture des liens familiaux et la difficulté à reconstruire une vie stable dans un pays où les services de base sont déjà sous tension.
Les acteurs internationaux appellent à un renforcement de l’assistance afin d’éviter que ces expulsions ne se transforment en une nouvelle vague de détresse humanitaire.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info