Le Ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) a annoncé que la rentrée scolaire 2026‑2027 débutera le 7 septembre. À moins de 48 heures de la date prévue, les organisations de parents et d’enseignants tirent la sonnette d’alarme : la plupart des établissements ne seront pas prêts à accueillir les élèves.
Violence et manque de sécurité
Les affrontements entre gangs dans les régions de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite ont rendu l’accès aux écoles dangereux pour le personnel, les parents et les enfants. Cette insécurité s’ajoute à un contexte déjà fragile, où la crainte d’attaques empêche la réouverture de nombreuses classes.
Déficits d’infrastructures
Des centaines d’écoles publiques restent en ruine ou inachevées. L’Union de parents d’élèves progressistes haïtiens (UPEPH) signale que plus de 1 700 établissements sont fermés et que plus de 500 ont été partiellement détruits. Selon l’Union nationale des normaliennes et normaliens (UNNOEH), 730 écoles nécessitent des travaux urgents avant la rentrée.
Au Cap‑Haïtien, le Collège Régina Assumpta ne pourra pas ouvrir ses portes, une partie du bâtiment ayant été démolie pour un projet de drainage. Le directeur confirme que les conditions actuelles ne permettent pas d’accueillir les élèves en toute sécurité.
Réponses institutionnelles
Le ministre de l’Éducation, Dr Vijonet Déméro, a présenté un plan incluant la distribution de manuels et d’uniformes, la réparation de bâtiments, le paiement des enseignants du Programme spécial de gratuité de l’éducation (PROSGATE) et un « cash transfert éducation » destiné aux parents. Des facilitateurs en santé mentale seront également déployés.
Le Regroupement Éducation pour toutes et tous (REPT) réclame une campagne nationale d’identification des enfants non scolarisés – plus de 800 000 selon leurs estimations – et leur intégration dans le Système d’information de gestion de l’éducation (SIGE). Le REPT rappelle que près de 1,2 million d’enfants restent hors du système scolaire, surtout dans les zones rurales et les quartiers touchés par la criminalité.
Alors que le calendrier prévoit 194 jours de classe et des examens de fin d’année en juin‑juillet 2027, la réussite de la rentrée dépendra de la capacité du gouvernement à sécuriser les établissements et à réparer les infrastructures dégradées.
Source : AlterPresse
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