Le lundi 7 septembre 2026, jour officiel de la réouverture des classes pour l'année académique 2026‑2027, les rues de Port‑au‑Prince, du bas Plateau central et de plusieurs localités de l'Artibonie étaient presque vides d'enfants. Des passagers de transports en commun ont signalé qu'ils ne voyaient « presque aucun élève » et que les parents peinent à envoyer leurs enfants à l'école, notamment à cause de la hausse des frais scolaires.
Un contexte de violence et de déplacement
Cette rentrée s'inscrit dans une période marquée par une crise sécuritaire et humanitaire profonde. Les affrontements entre gangs armés ont provoé des déplacements massifs, la paralysie de services essentiels et une insécurité alimentaire qui touche plus de la moitié de la population haïtienne. Selon l'Union des parents d’élèves progressistes haïtiens (UPEPH), plus de 1 700 établissements ont été fermés et plus de 500 détruits depuis le début de la crise, alors que le pays compte 18 240 écoles.
L'UPEPH a dénoncé l'absence de préparatifs adéquats, accusant le gouvernement d'inaction face à la détérioration économique aggravée par les violences. L'organisation souligne que la reconstruction des écoles publiques détruites n’a pas été engagée, malgré les promesses officielles.
Réponses gouvernementales
Lors d’une conférence de presse le 4 septembre, les autorités ont présenté un plan visant à alléger la charge des parents et à sécuriser la rentrée. Le dispositif prévoit un soutien financier à 130 000 parents et à 30 000 familles vulnérables, la réparation de 52 écoles nationales et lycées, la construction de nouveaux établissements, la distribution de 8 000 bancs scolaires et un appui aux cantines.
Sur le plan sécuritaire, 10 750 agents de la Police nationale d’Haïti ont été mobilisés dans le cadre d’un dispositif spécial destiné à protéger les établissements scolaires. Malgré ces mesures, la circulation automobile a seulement augmenté légèrement aux environs de Bourdon aux alentours de 8 h00 (12 h00 GMT), témoignant d’une reprise encore timide.
En somme, la rentrée scolaire 2026‑2027 en Haïti se déroule sous le poids d’une crise multidimensionnelle, où les initiatives gouvernementales restent à mesurer face à l'ampleur des besoins des familles et des établissements.
Source : AlterPresse
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