Trois années après avoir fui les violences qui ont ravagé le sud de Port‑au‑Prince, des dizaines de ménages de Carrefour‑Feuilles commencent à réintégrer leurs maisons. Les premiers à revenir sont souvent ceux qui ont le plus souffert de la promiscuité et de l’insalubrité dans les camps d’accueil, comme une mère qui a fait le choix de rentrer avec son nouveau‑né, incapable de dormir à même le sol.
Un retour soutenu mais précaire
Les autorités encouragent ces retours volontaires, mais les habitants retrouvent un quartier marqué par des bâtiments détruits, des infrastructures abandonnées et des rues encore sous surveillance. Les brigadiers, aux côtés de la Police nationale, patrouillent jour et nuit pour empêcher de nouvelles incursions des groupes armés qui, bien que repoussés, restent actifs dans les zones voisines.
Les échanges de tirs se poursuivent sporadiquement, ce qui contraint les résidents à limiter leurs déplacements. Malgré cela, la population estime que la situation dans le quartier reconquis reste préférable aux conditions des camps, où l’insalubrité et le manque d’intimité sont omniprésents.
Exigences de la communauté
Les habitants réclament des travaux de nettoyage et de réhabilitation afin de rendre le retour durable. Le lycée Fouchard et le marché Tunnel, deux repères essentiels de la vie locale, doivent être réouverts pour relancer l’activité économique. Le leader communautaire Etzer Jean, devenu défenseur des droits humains, insiste sur la nécessité d’un dispositif sécuritaire renforcé avant les prochaines élections.
Dans les secteurs sécurisés, la solidarité se manifeste : des résidents partagent leurs ressources, tandis que d’autres reconstruisent petit à petit leurs moyens de subsistance. Une habitante témoigne avoir tout perdu lors de sa fuite et devoir repartir de zéro pour subvenir aux besoins de ses enfants.
Le sentiment général reste celui d’une attente d’une paix durable, condition indispensable à la reprise des activités commerciales et sociales. Les autorités disposent, selon les porte‑paroles locaux, des moyens nécessaires pour assurer la sécurité et permettre à l’ensemble des déplacés de regagner leur quartier avant le scrutin.
Source : Radio Métropole
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