Les enseignants chargés de la correction des examens officiels de l’État haïtien ont interrompu leurs activités à Gonaïves, dans l’Artibonite, à compter du mercredi 5 août 2026. Cette décision s’inscrit dans un mouvement de protestation visant à obtenir la libération de plusieurs collègues enlevés le samedi 1er août 2026 près de La Croix‑Périsse, sur la route nationale numéro 1.
Exigences des correcteurs
Les correcteurs réclament que les autorités interviennent rapidement pour sécuriser le tronçon de la RN1 qui traverse l’Artibonite, afin de garantir la libre circulation des personnes et des biens. Ils dénoncent l’absence de mesures concrètes depuis l’incident, qui aurait été perpétré par des membres présumés du gang armé « Kokorat san ras ». Le groupe aurait, selon les témoignages, détourné les enseignants et retenu leurs familles en otage.
Par ailleurs, les enseignants demandent la libération immédiate de leurs collègues capturés le 1er août. Le kidnapping s’est produit à proximité de L’Estère, un secteur déjà touché par des violences récurrentes. Les correcteurs insistent sur le fait que la reprise des corrections ne pourra se faire que lorsque leurs camarades seront rendus sains et saufs.
Le mouvement a entraîné la suspension de la correction de milliers de copies d’examens, affectant potentiellement le calendrier de publication des résultats. Les autorités éducatives n’ont pas encore communiqué de réponse officielle, mais le ministère de l’Éducation a indiqué qu’il suivait la situation de près et qu’il était « déterminé à rétablir la sécurité pour le personnel éducatif ».
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sécuritaires dans le pays, où les gangs armés continuent d’exercer une influence sur les routes principales, notamment la RN1, qui relie Port‑au‑Prince à la capitale de l’Artibonite. Les enseignants, en tant que groupe professionnel, utilisent désormais la suspension de leurs activités comme levier pour attirer l’attention sur la gravité de la situation et pousser les autorités à agir.
Source : AlterPresse
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