mercredi 16 septembre 2026

Attaques contre des journalistes à Kenscoff : le silence des organisations de défense de la presse inquiète

Des reporters de l'Associated Press et de l'AFP ont été agressés en couvrant des funérailles à Kenscoff. Seules deux associations médiatiques ont réagi, tandis que le climat d'impunité persiste.

Attaques contre des journalistes à Kenscoff : le silence des organisations de défense de la presse inquiète
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Mercredi, alors qu’ils documentaient les funérailles d’une communauté endeuillée à Kenscoff, le photographe d’Associated Press, Odelyn Joseph, et le journaliste d’Agence France‑Presse, Clarens Siffroy, ont été victimes d’agressions physiques. Les deux professionnels ont dû se réfugier au commissariat local après avoir été frappés et menacés.

Les témoins rapportent que les assaillants n’étaient pas à la recherche d’informations, mais ont ciblé les journalistes simplement parce qu’ils portaient des caméras. Cette violence s’ajoute à une série d’incidents qui ont rendu le travail de la presse haïtienne de plus en plus périlleux.

Réactions limitées des organisations médiatiques

Deux structures ont publié des condamnations publiques : le Collectif des Médias en Ligne (CMEL) et l’Union des Journalistes et Médias d’Haïti (UJMH). Aucun autre groupe de défense de la liberté d’expression n’a annoncé de mobilisation sur le terrain ni proposé d’accompagnement aux victimes.

Cette absence de soutien visible alimente le sentiment d’abandon parmi les reporters, qui opèrent déjà sous la menace constante d’intimidations, de menaces et, parfois, de mort.

Appel à une réponse institutionnelle

Les autorités locales et le gouvernement national sont sollicités pour garantir la sécurité des journalistes lors d’événements publics. Le droit de couvrir les faits sans crainte de représailles constitue un pilier de la démocratie, et l’impunité actuelle risque d’encourager de nouvelles attaques.

Les organisations de défense de la presse sont appelées à dépasser les simples communiqués et à intervenir concrètement : demander des enquêtes rapides, accompagner les journalistes blessés et faire pression pour que les responsables soient traduits en justice.

Le drame de Kenscoff pourrait devenir un point d’inflexion si les acteurs du secteur médiatique et les institutions étatiques décident d’agir de façon coordonnée. Sans une réponse forte, la violence contre les professionnels de l’information risque de rester un « incident » isolé, mais récurrent.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info