Le 28 septembre, jour dédié à la mobilisation internationale pour la dépénalisation de l’avortement, la sociologue et militante féministe Danièle Magloire, à la tête de Kay Fanm, a rappelé l’importance d’un accès à l’avortement dans des conditions sécurisées, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.
Dans le cadre de la campagne de cette année, l’association a organisé quatre ateliers d’éducation destinés aux femmes qu’elle accompagne, a présenté le documentaire Que sea ley de Juan Solanas, puis a animé une clinique mobile en partenariat avec l’Association pour la promotion de la famille haïtienne (PROFAMIL). Ces actions ont ciblé à la fois les bénéficiaires de Kay Fanm et les résidentes des quartiers où l’organisation est implantée.
Les dangers des pratiques clandestines
Magloire a souligné que les avortements réalisés « en cachette, avec des charlatans » compromettent gravement la santé des femmes. Les données de l’enquête EMMUS‑VI (2016‑2017) indiquent qu’environ un tiers des femmes ayant eu recours à un avortement ont subi des complications telles que des hémorragies, des infections ou des perforations utérines. La plupart des procédures étaient effectuées à domicile, 32 % dans des cliniques ou hôpitaux privés. Bien que ces chiffres soient anciens, ils illustrent la persistance d’un problème de santé publique.
Au-delà de l’avortement, Kay Fanm rappelle que les droits reproductifs englobent la liberté de décider du moment et du nombre d’enfants, l’accès à une éducation sexuelle, à une contraception efficace et abordable, ainsi qu’à des soins obstétricaux respectueux et exempts de violence.
Informer pour prévenir
L’organisation prépare un guide en créole détaillant les droits reproductifs et les données sanitaires disponibles. L’enquête EMMUS‑VI souligne également que 13 % des filles ont eu leur première relation sexuelle avant 15 ans et que 21 % des jeunes femmes de 19 ans étaient déjà mères ou enceintes. Près de trois quarts des femmes interrogées ont déclaré rencontrer des obstacles financiers pour accéder aux soins.
La journée du 28 septembre trouve son origine dans la mobilisation féministe latino‑américaine et caribéenne initiée en 1990, rappelant la loi brésilienne du « Ventre libre » de 1871. Depuis, elle sert de repère pour les revendications en matière de droits reproductifs à travers la région.
Source : AlterPresse
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