Un nouveau rapport de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), publié début septembre 2026, met en lumière une aggravation rapide de la sécurité alimentaire à l’échelle du pays. Selon les données, 5,83 millions de personnes, soit 52 % de la population étudiée, se trouvent en insécurité alimentaire aiguë (phase 3 du IPC ou plus).
Une proportion importante en situation d’urgence
Parmi ces personnes, 1,9 million sont classées en phase 4 – urgence. Elles sont concentrées dans 33 communes, dont Estère, Petite Rivière et Saint‑Michel de L’Atalaye en Artibonite, Cité Soleil dans l’Ouest, Mirebalais et Saut d’Eau au Centre, ainsi que Port‑de‑Paix et Bassin Bleu dans le Nord‑Ouest. Au total, dix zones du pays restent en phase 4, illustrant la persistance d’une crise profonde.
Facteurs aggravants
Le rapport souligne que la campagne agricole de printemps a été entravée par plusieurs facteurs : insécurité persistante, déplacements de populations, hausse des coûts des intrants et difficultés d’accès aux terres et aux marchés. Malgré ces contraintes, les régions bénéficiant de bonnes précipitations affichent des perspectives de récolte globalement satisfaisantes.
La période de soudure, la faiblesse des revenus des ménages, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et l’accès limité aux intrants ont accentué la vulnérabilité alimentaire. Le nombre de personnes déplacées internes (PDI) a atteint 1,47 million en mai 2026, dont 79 % vivent hors de Port‑au‑Prince, augmentant la pression sur les communautés d’accueil.
Situation humanitaire et financement
Le deuxième trimestre 2026 reste « extrêmement préoccupant » selon la CNSA. La détérioration de la sécurité s’étend de la zone métropolitaine de Port‑au‑Prince aux départements de l’Artibonite et du Centre, affectant les moyens de subsistance, les activités économiques et l’accès aux services essentiels. Un suivi des marchés mené d’avril à mai indique toutefois une disponibilité globale satisfaisante des produits alimentaires de base.
Le financement du Plan de Réponse Humanitaire 2026 demeure insuffisant : au 30 juin 2026, seulement 25 % des besoins financiers étaient couverts, limitant la capacité d’intervention.
Source : Radio Métropole
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