Le 10 septembre 2026, le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) a organisé une première journée d’échanges à Port‑au‑Prince pour analyser deux décrets adoptés en décembre 2025, dont celui qui encadre la liberté d’expression et la diffamation. Le texte, publié le 31 décembre 2025 dans le Moniteur et signé par le président du Conseil présidentiel de transition Laurent Saint‑Cyr, le Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé et les membres du gouvernement, prévoit des sanctions contre l’injure et la diffamation.
Les participants, parmi lesquels Rosy Auguste, responsable de programmes du Rnddh, le journaliste Gotson Pierre, la défenseure des droits humains Colette Lespinasse et l’avocat Me Chenet Jean‑Baptiste, ont exprimé leurs inquiétudes. Gotson Pierre a souligné que l’article 3 du décret garantit le droit d’émettre, de recevoir et de diffuser des informations, idées et opinions, mais omet le droit de rechercher l’information, essentiel à la pratique journalistique. Il a mis en garde contre une possible criminalisation de la liberté d’expression, qui pourrait intensifier l’autocensure et créer une « culture du silence ».
Colette Lespinasse a qualifié le décret de « porte fermée » à la démocratie haïtienne, rappelant que la liberté d’expression est le fruit d’une longue lutte démocratique. Elle a dénoncé l’absence de dispositions protégeant cette liberté et a appelé à son retrait immédiat. De son côté, Me Chenet Jean‑Baptiste a décrit le texte comme une « double épée de Damoclès », combinant sanctions pénales et civiles, et a mis en garde contre des poursuites stratégiques visant journalistes, médias et organisations de la société civile.
Les intervenants ont convenu de lancer une contre‑offensive stratégique, incluant un contentieux ciblé, un soutien juridique aux journalistes et une campagne de plaidoyer pour l’abrogation du décret. Une seconde journée sera consacrée au décret relatif à la Haute Cour de Justice, avant la rédaction d’une position commune.
Source : AlterPresse
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