Le Conseil électoral provisoire (CEP) a confirmé la tenue du premier tour des élections présidentielles, législatives et du référendum constitutionnel le 13 décembre 2026. Cette décision intervient alors que le pays se trouve à moins de trois mois du scrutin, un délai jugé trop court pour résoudre les difficultés d’inscription, de campagne et de protection des électeurs.
Avancées logistiques et limites actuelles
Selon le bilan du CEP du 21 septembre, plus de 1 200 centres d’inscription et de vote sont opérationnels et près de 630 000 Haïtiens sont déjà inscrits, ce qui représente un peu plus de 10 % de l’électorat estimé. Le registre recense sept candidats à la présidence, 162 au Sénat et 419 à la Chambre des députés, bien que ces listes restent soumises à vérification.
Le nouveau président du collège électoral, Peterson Pierre‑Louis, installé le 24 septembre, a promis un dialogue ouvert avec les partis et une gestion impartiale du processus. Le Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé a, de son côté, demandé au CEP de répondre aux préoccupations relatives aux formalités d’inscription, à la neutralité des autorités et à la sécurité sur le terrain.
Demandes de la société civile et des partenaires régionaux
Des organisations comme la CARICOM et le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) soulignent la lenteur des inscriptions, le manque de centres accessibles dans certaines zones et la présence de territoires hors contrôle de l’État. Elles appellent à renforcer l’information du public, à sécuriser les déplacements des électeurs et à garantir la participation des personnes déplacées.
La Conférence épiscopale d’Haïti a mis en garde contre un vote organisé sans conditions de sécurité et de neutralité, avertissant qu’une telle situation pourrait déclencher une nouvelle crise. De son côté, l’Organisation des États américains (OEA) propose une assistance technique et prépare une mission d’observation, tout en insistant sur le renforcement des forces de sécurité.
Le débat ne se limite plus à la simple tenue du vote, mais porte sur la capacité des autorités à offrir un cadre où chaque citoyen peut s’inscrire, faire campagne et voter sans mettre sa vie en danger. Le respect de la date du 13 décembre dépendra donc de la mise en œuvre rapide de ces garanties.
Source : Vant Bèf Info
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