dimanche 1 novembre 2026

Enfants au cœur des gangs haïtiens : un phénomène qui atteint jusqu’à la moitié des effectifs

Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti révèle que 30 à 50 % des membres des groupes armés sont des enfants, recrutés dans un contexte de pauvreté, de déplacements forcés et d'accès limité à l'éducation.

Enfants au cœur des gangs haïtiens : un phénomène qui atteint jusqu'à la moitié des effectifs
Partager cet article

Un rapport conjoint du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et du Haut‑Commissariat aux droits de l’homme, publié le 20 février 2026, indique que les enfants constitueraient entre 30 % et 50 % des membres des groupes armés opérant dans le pays. Au moins vingt‑six organisations, dont les gangs 103 Zombies, Village de Dieu, Tokyo et Kraze Baryè, seraient impliquées dans la traite et l’exploitation d’enfants.

Facteurs de vulnérabilité

La précarité économique, les déplacements forcés et la rupture du lien familial exposent les jeunes à un recrutement facilité. Les enfants vivant dans la rue ou dans des camps de déplacés, ainsi que ceux issus de familles marginalisées, sont les plus ciblés. Les groupes armés utilisent des promesses financières, des avantages matériels, la menace ou la violence pour les attirer. Certains cherchent simplement protection ou reconnaissance sociale.

Rôles et abus au sein des gangs

Une fois intégrés, les mineurs remplissent diverses fonctions : guetteurs, messagers, informateurs, voire participants actifs aux affrontements, aux enlèvements contre rançon et aux actes de violence. Les filles sont particulièrement exposées à l’exploitation et aux violences sexuelles. Le rapport cite également le témoignage d’un enfant déclarant gagner jusqu’à 1 000 dollars par semaine, illustrant les incitations monétaires dans un contexte de pauvreté.

Appel à l’action de l’ONU

L’ONU recommande de renforcer les mécanismes de protection de l’enfance, notamment en rétablissant l’accès à l’éducation. Des mesures telles que la réhabilitation des écoles, la mise en place de cantines, la création d’espaces d’apprentissage temporaires et le soutien financier aux familles vulnérables sont préconisées. Selon les experts, la lutte contre le recrutement d’enfants ne peut se limiter aux seules opérations de sécurité ; elle doit s’accompagner de stratégies de prévention, de protection et de réinsertion.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info