mercredi 16 septembre 2026

Gangs dominent le bas Artibonite : impact sur la sécurité, l’agriculture et la vie quotidienne

Selon l’ancien député Vickens Derilus, plus de six dixièmes du bas Artibonite sont contrôlés par les groupes armés Grand Grif de Savien et Kokorat sans Ras, entraînant isolement, extorsion et aggravation de la crise agricole.

Gangs dominent le bas Artibonite : impact sur la sécurité, l’agriculture et la vie quotidienne
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L’ancien parlementaire Vickens Derilus a décrit une situation de domination quasi totale des gangs dans le sud du département de l’Artibonite. Il estime que plus de 60 % du territoire est sous l’emprise des deux factions armées, le Grand Grif de Savien et le Kokorat sans Ras, qui étendent leurs zones d’influence le long de la RN1.

Isolement des communes et extorsion routière

Des localités comme Verettes sont pratiquement coupées du reste du pays, les routes principales étant bloquées par les groupes qui imposent des postes de péage improvisés. Les automobilistes et les agriculteurs sont contraints d’emprunter des chemins de terre pour rejoindre la RN1, où ils subissent des prélèvements financiers importants chaque jour.

Les chefs de gangs bénéficient d’un réseau d’informateurs capable de suivre en temps réel les déplacements des blindés et des convois de la police. Cette connaissance du terrain leur permet d’éviter les patrouilles et de préparer des embuscades contre les civils.

Derilus critique l’absence d’une réponse gouvernementale coordonnée. Il note que la Force de Répression des Gangs (FRG) a été déployée à Gonaïves, mais aucune unité spéciale n’est présente dans les zones les plus touchées, notamment Liancourt, Petite Rivière, Marchand Dessalines, ainsi que les parties de Montrouis et L’Estère.

En parallèle, une sécheresse prolongée a détruit de nombreuses cultures, surtout à Verettes. Les agriculteurs, privés de leurs récoltes, ont fui leurs habitations pour se réfugier chez des familles d’accueil à Saint‑Marc, où le stress et l’anxiété ont conduit à une hausse des décès liés à des problèmes cardiovasculaires.

Le climat d’insécurité et la désorganisation économique, selon l’ancien député, freinent toute perspective d’élections en décembre. La chute de la production agricole nationale a accru les importations, profitant aux producteurs étrangers au détriment de la population locale.


Source : Radio Métropole
Radio Métropole