dimanche 20 septembre 2026

Haiti et la quête inachevée de justice réparatrice au sein de la CARICOM

Lors de la troisième conférence régionale de la CARICOM à Bridgetown, la représentante haïtienne a souligné l’importance d’une solidarité régionale inclusive, d’une prise en compte linguistique et d’actions concrètes pour les réparations historiques et les défis sanitaires actuels.

Haiti et la quête inachevée de justice réparatrice au sein de la CARICOM
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Au cours du rassemblement de la CARICOM sur les réparations, tenu du 17 au 19 septembre à Bridgetown, la porte-parole du Comité national haïtien de restitution et de réparation a rappelé que l’indépendance de 1804 constitue un jalon majeur, mais que les exigences de liberté restent largement inachevées. Elle a insisté sur le fait que la révolution haïtienne ne doit pas être cantonnée à un souvenir lointain, mais placée au cœur d’une dynamique régionale de justice et de décolonisation.

Héritage historique et exigences contemporaines

Le discours a souligné que la colonisation française a imposé une violence extrême, tant physique que symbolique, qui a façonné les structures sociales d’aujourd’hui. Les disparités sanitaires entre Haïti et la France, notamment une espérance de vie de 64,8 ans contre 82,3 ans et des taux de mortalité infantile et maternelle nettement supérieurs, illustrent les séquelles persistantes de ce passé.

Obstacles régionaux et exclusion linguistique

Le texte a mis en lumière les difficultés rencontrées par les Haïtiens pour circuler dans l’espace CARICOM : seuls deux États membres offrent une entrée sans visa, tandis que les délégations haïtiennes ont dû obtenir un visa pour la Barbade. Cette situation reflète une forme d’anti‑haïtianisme qui contredit les principes de libre circulation prônés par la communauté.

Par ailleurs, l’intervention a appelé à une prise en compte réelle du créole et du français, langues parlées par des millions de personnes dans la région, afin d’éviter une injustice cognitive et de garantir une participation équitable aux débats.

Vers des actions concrètes

Enfin, la représentante a sollicité un soutien accru aux travaux du Comité haïtien visant à obtenir le remboursement de l’indemnité d’indépendance imposée par la France et à établir des mécanismes de réparation pour l’esclavage. Elle a conclu que la solidarité ne doit pas rester symbolique, mais se traduire par des engagements diplomatiques, économiques et institutionnels tangibles.


Source : AlterPresse
AlterPresse