dimanche 1 novembre 2026

Haïti : l’explosion des violences basées sur le genre pousse les ONG à intensifier leur soutien aux déplacés

Les violences sexuelles et psychologiques touchent de plus en plus femmes et enfants dans les zones contrôlées par les gangs de l’Ouest haïtien. Face à plus d’un million de déplacés internes, les organisations humanitaires renforcent l’aide matérielle, psychosociale et économique.

Haïti : l’explosion des violences basées sur le genre pousse les ONG à intensifier leur soutien aux déplacés
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Dans le département de l’Ouest, les quartiers sous l’emprise de groupes armés voient une hausse marquée des violences dirigées contre les femmes et les enfants. Outre les affrontements armés, les victimes subissent des agressions physiques, sexuelles, des menaces et des pressions économiques, aggravées par le manque d’intimité dans les sites d’hébergement improvisés.

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Carlos Ruiz Massieu, a indiqué devant le Conseil de sécurité que plus de 17 000 personnes ont été déplacées au cours des trois derniers mois, portant le total des déplacés internes à environ 1,5 million, dont 740 000 enfants. Cette dynamique s’inscrit dans une contraction économique persistante, la septième année consécutive de baisse du PIB en 2026, et un financement humanitaire qui couvre moins de la moitié du plan de réponse annuel.

Réponse des organisations humanitaires

World Vision Haïti, en partenariat avec FOSREF, Food for the Hungry et la Fondation TOYA, déploie un projet financé par Affaires mondiales Canada. Le programme a déjà soutenu 4 760 personnes réparties dans 911 familles, chaque foyer recevant une aide financière de 536 USD, des rations alimentaires, des soins de santé maternelle‑infantile et des sessions d’hygiène.

Le Dr Michaud Margel Lesly, directeur national de World Vision, souligne l’importance du suivi psychosocial : plus de 4 700 bénéficiaires ont participé à des groupes de parole permettant de rompre l’isolement et de préparer un accès aux services de santé lorsque nécessaire. Des formations en gestion de petites entreprises et des activités génératrices de revenus sont également proposées pour réduire la dépendance économique des femmes chefs de famille.

Enjeux de prévention et de protection

Les responsables de l’ONG Combite pour la paix et le développement, dirigée par Fritznel Pierre, rappellent que les violences psychologiques, sexuelles et économiques sont les plus fréquentes dans les milieux précaires. La stigmatisation, la peur des représailles et l’absence de mécanismes de protection accessibles freinent souvent les signalements.

Selon le Dr Michaud, la prévention doit impliquer les garçons et les hommes dès l’école, en déconstruisant les stéréotypes de domination et en enseignant le respect du consentement, notamment face à la diffusion massive de contenus pornographiques sur les réseaux sociaux.

Les autorités haïtiennes et les acteurs humanitaires sont appelés à renforcer les dispositifs de protection confidentiels, à sécuriser les sites d’hébergement et à garantir un financement durable afin de répondre aux besoins immédiats tout en construisant des bases solides pour la prévention des violences basées sur le genre.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info