L’Institut national pour la défense des droits économiques, sociaux et culturels (INDDESC) a publié un avis détaillé sur les obstacles qui menacent la tenue d’élections fiables en Haïti en décembre 2026. Selon l’institut, la persistance de l’insécurité armée, le nombre élevé de déplacés internes et la crise alimentaire aiguë constituent des facteurs de vulnérabilité majeurs.
Contexte sécuritaire et déplacements internes
Les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indiquent que plus d’1,4 million de Haïtiens vivent actuellement en déplacement forcé, souvent hébergés chez des proches, dans des logements précaires ou sur des sites spontanés. L’INDDESC craint que ces populations n’aient pas un accès effectif aux bureaux d’inscription et de vote, notamment en raison de la perte ou de l’absence de pièces d’identité. L’institut propose la mise en place d’un dispositif exceptionnel permettant la récupération ou le renouvellement de ces documents.
Risque d’influence armée et de violence électorale
Dans plusieurs zones, la présence de groupes armés pourrait restreindre la liberté de vote et compromettre le secret du scrutin. L’INDDESC recommande la création d’un dispositif indépendant de sécurisation électorale, ainsi qu’une cartographie publique des zones à risque afin de guider les autorités et les observateurs.
Insécurité alimentaire comme facteur aggravant
Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) signale que près de 5,8 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire de niveau crise. Cette situation, selon l’institut, augmente la fragilité du contexte électoral et peut alimenter des tensions sociales.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a fixé le 13 décembre 2026 comme date du premier tour présidentiel et législatif, sous condition d’une amélioration du climat sécuritaire et de la disponibilité des ressources financières. L’INDDESC estime que ces conditions ne sont pas encore réunies et appelle les autorités à renforcer les garanties d’inclusion, de sécurité et de financement avant le scrutin.
En conclusion, l’INDDESC reconnaît l’importance des élections pour la démocratie haïtienne, mais avertit qu’un processus organisé sans les mesures préconisées pourrait exacerber la crise politique et déclencher une nouvelle instabilité postélectorale.
Source : Vant Bèf Info
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