mercredi 16 septembre 2026

Kenscoff : l’impasse sécuritaire qui alimente les massacres en Haïti

Le massacre de Kenscoff illustre la défaillance des forces de sécurité haïtiennes et la dépendance aux interventions étrangères, laissant la population sans protection.

Kenscoff : l’impasse sécuritaire qui alimente les massacres en Haïti
Partager cet article

Le récent épisode sanglant de Kenscoff vient s’ajouter à une longue liste de violences qui ont marqué le pays ces dernières années : Gressier, Cité Soleil, Source‑Matelas, Jean‑Denis, Saut‑d’Eau, entre autres. Aucun de ces faits n’a été suivi d’une réponse efficace de l’État, ce qui alimente le sentiment d’impunité.

Des effectifs militaires loin des besoins

Selon les autorités, la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les Forces Armées d’Haïti (FADH) devraient compter ensemble près de 15 000 hommes. En pratique, aucun bataillon de combat n’est disponible pour contrer les groupes armés qui contrôlent de larges zones du territoire. Cette insuffisance structurelle est souvent présentée comme une simple question d’organisation, mais elle reflète une incapacité à mobiliser les ressources existantes.

Une dépendance aux missions étrangères

Face à l’incapacité locale, le gouvernement a régulièrement sollicité des missions étrangères, comme la Mission de Soutien à la Sécurité (MSS). Ces interventions sont perçues comme temporaires et peu adaptées aux réalités du terrain, ce qui renforce la dépendance et retarde la mise en place d’une stratégie nationale autonome.

Des analystes estiment qu’avec une volonté politique forte et un commandement efficace, six mois suffiraient à désorganiser les réseaux criminels. Or, les autorités semblent réticentes à engager une telle offensive, préférant attendre des solutions extérieures ou confier la lutte à des « marchands de guerre » rémunérés.

Conséquences pour la population

Dans l’attente d’une décision, les civils continuent de payer le prix fort : pertes humaines, déplacements forcés et traumatisme collectif. L’absence de réponses concrètes alimente la méfiance envers les institutions et renforce le cycle de violence.

Si la situation n’évolue pas, de nouveaux massacres risquent de se produire, confirmant le constat d’une gouvernance qui, par son inaction, crée les conditions mêmes de la terreur.


Source : AlterPresse
AlterPresse