Dans la soirée du 23 août 2026, des groupes armés ont lancé une offensive prolongée dans plusieurs quartiers de Kenscoff, déclenchant des échanges de tirs, des explosions et l’incendie de plusieurs habitations. Les forces de l’ordre ont finalement repoussé les assaillants, mais le bilan humain reste lourd.
Bilan humain et déplacements
Les premières estimations évoquaient une trentaine de morts ; l’Organisation des Nations unies a ensuite indiqué que le nombre s’élevait à 47 personnes, dont 22 auraient été exécutées dans un lieu de culte où elles cherchaient refuge. Parmi les victimes, on compte des bébés, des enfants et des adolescents retenus en otage.
Suite à l’attaque, l’Organisation internationale pour les migrations a recensé 2 647 personnes, soit 702 ménages, qui ont quitté la commune entre le 23 et le 25 août. La majorité, environ 77 %, s’est installée chez des familles d’accueil à Pétion‑Ville, tandis que le reste a trouvé refuge sur trois sites de déplacement.
Contexte de la violence
Les événements de fin août s’inscrivent dans une série d’incidents qui ont débuté en janvier 2025, date à laquelle des groupes armés ont commencé à s’implanter dans la région. Des zones comme Bongard et Nouvelle‑Touraine sont aujourd’hui entièrement contrôlées par les gangs, et une grande partie de Sourçailles et de Belle Fontaine est également sous leur influence.
Les autorités municipales avaient alerté les instances supérieures sur le risque d’une nouvelle offensive, mais les mesures préventives jugées insuffisantes ont laissé la population sans protection effective.
Réactions et mesures annoncées
Le Premier ministre a annoncé le renforcement des opérations de sécurité autour de Port‑au‑Prince et la création d’un commandement dédié à Kenscoff. Le directeur général intérimaire de la Police nationale a ordonné une enquête sur les circonstances qui ont permis aux armés d’entrer dans la commune et sur d’éventuelles négligences.
Des organisations locales et internationales, dont Amnesty International, le Comité international de la Croix‑Rouge et plusieurs États, ont condamné l’attaque et appelé à une protection accrue des civils, notamment des déplacés, des femmes et des enfants.
Malgré ces déclarations, les habitants de Kenscoff continuent de vivre dans la crainte permanente, contraints de fuir à chaque détonation et de protéger ce qui reste de leurs biens.
Source : AlterPresse
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