alaminuteinfo.com
16 septembre 2026Version complète du site
Version complète
SÉCURITÉ2 min de lecture

Kenscoff sous le feu des gangs : plus de 40 morts et une exode massive

Une attaque nocturne le 23‑24 août 2026 à Kenscoff a fait au moins 47 victimes, des enlèvements et a contraint près de 2 600 habitants à fuir, révélant l’escalade de la violence depuis janvier 2025.

Par

Dans la soirée du 23 août 2026, des groupes armés ont lancé une offensive prolongée dans plusieurs quartiers de Kenscoff, déclenchant des échanges de tirs, des explosions et l’incendie de plusieurs habitations. Les forces de l’ordre ont finalement repoussé les assaillants, mais le bilan humain reste lourd.

Bilan humain et déplacements

Les premières estimations évoquaient une trentaine de morts ; l’Organisation des Nations unies a ensuite indiqué que le nombre s’élevait à 47 personnes, dont 22 auraient été exécutées dans un lieu de culte où elles cherchaient refuge. Parmi les victimes, on compte des bébés, des enfants et des adolescents retenus en otage.

Suite à l’attaque, l’Organisation internationale pour les migrations a recensé 2 647 personnes, soit 702 ménages, qui ont quitté la commune entre le 23 et le 25 août. La majorité, environ 77 %, s’est installée chez des familles d’accueil à Pétion‑Ville, tandis que le reste a trouvé refuge sur trois sites de déplacement.

Contexte de la violence

Les événements de fin août s’inscrivent dans une série d’incidents qui ont débuté en janvier 2025, date à laquelle des groupes armés ont commencé à s’implanter dans la région. Des zones comme Bongard et Nouvelle‑Touraine sont aujourd’hui entièrement contrôlées par les gangs, et une grande partie de Sourçailles et de Belle Fontaine est également sous leur influence.

Les autorités municipales avaient alerté les instances supérieures sur le risque d’une nouvelle offensive, mais les mesures préventives jugées insuffisantes ont laissé la population sans protection effective.

Réactions et mesures annoncées

Le Premier ministre a annoncé le renforcement des opérations de sécurité autour de Port‑au‑Prince et la création d’un commandement dédié à Kenscoff. Le directeur général intérimaire de la Police nationale a ordonné une enquête sur les circonstances qui ont permis aux armés d’entrer dans la commune et sur d’éventuelles négligences.

Des organisations locales et internationales, dont Amnesty International, le Comité international de la Croix‑Rouge et plusieurs États, ont condamné l’attaque et appelé à une protection accrue des civils, notamment des déplacés, des femmes et des enfants.

Malgré ces déclarations, les habitants de Kenscoff continuent de vivre dans la crainte permanente, contraints de fuir à chaque détonation et de protéger ce qui reste de leurs biens.


Source : AlterPresse
AlterPresse

Publié par

Journaliste et contributeur de alaminuteinfo.com.

Voir tous ses articles →

À lire aussi

SÉCURITÉ

Retard de transport des policiers transférés en Artibonite : un problème logistique qui soulève des questions

SÉCURITÉ

Violence armée à Marmont Paul : un mort et deux blessés dans la septième section de Saint‑Michel de l’Attalaye

SÉCURITÉ

Le Nord d’Haïti voit plus de 400 arrestations en août dans le cadre d’un plan anti-banditisme

SÉCURITÉ

Programme américain de récompense de 3 millions de dollars pour dénoncer les réseaux criminels haïtiens