mercredi 16 septembre 2026

La Copah met en garde la Caricom contre toute imposition extérieure dans la transition haïtienne

La Conférence des pasteurs haïtiens réclame à la Caricom un rôle de facilitateur, sans imposer de solutions externes, alors que la crise sécuritaire et le calendrier électoral restent incertains.

La Copah met en garde la Caricom contre toute imposition extérieure dans la transition haïtienne
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Lors de la visite officielle d’une délégation de la Communauté des Caraïbes (Caricom) à Port‑au‑Prince, la Conférence des pasteurs haïtiens (Copah) a exprimé, lors d’une interview sur AlterRadio, la nécessité d’un accompagnement limité et respectueux de la souveraineté haïtienne. Le président de la Copah, le Dr Ernst Pierre Vincent, a rappelé que toute proposition de sortie de crise doit être conçue et portée par les Haïtiens eux‑mêmes.

Des réserves sur le mandat de la Caricom

Le Dr Vincent a souligné que la mission de la Caricom risque d’être perçue comme orchestrée par des ambassades étrangères influentes, au détriment d’une dynamique locale. Il a demandé à la Caricom de se positionner comme simple facilitateur, en évitant toute forme d’imposition politique ou de désignation de dirigeants qui ne disposerait pas d’une légitimité reconnue par la population.

Les échanges entre la délégation caribéenne et la Copah ont porté sur trois axes majeurs : la sécurité, le processus électoral et la transition politique. La Copah a présenté un ensemble de recommandations visant à renforcer les institutions nationales tout en respectant la souveraineté du pays.

Appel à un dialogue inclusif et à la sécurité

Selon le Dr Vincent, la Caricom devrait soutenir le renforcement des forces de sécurité haïtiennes et de la justice, ainsi que la coopération internationale destinée à contrer la violence des gangs. Il a proposé que la Caricom devienne un partenaire privilégié, capable d’appuyer les capacités locales plutôt que d’imposer des solutions extérieures.

La Copah a également insisté sur la nécessité de créer les conditions propices à la tenue d’élections libres. Elle estime que le calendrier électoral, dont le premier tour présidentiel était prévu pour le 13 décembre 2026, ne peut être respecté tant que la sécurité et la liberté de circulation ne sont pas garanties.

Des acteurs politiques haïtiens, dont l’ancien Premier ministre Claude Joseph, ont partagé les mêmes inquiétudes quant à la viabilité du calendrier électoral et ont appelé à une révision du décret électoral afin d’éliminer les obstacles identifiés.

En résumé, la Copah invite la Caricom à jouer un rôle de soutien technique, à encourager un dialogue national large et à éviter toute forme d’ingérence qui pourrait compromettre la légitimité du processus politique haïtien.


Source : AlterPresse
AlterPresse