Dans un rapport publié le 4 novembre 2024, la Fondasyon Je Klere (Fjkl) a appelé les autorités haïtiennes et salvadoriennes à instaurer un cadre juridique encadrant l’intervention des forces salvadoriennes sur le sol haïtien. L’objectif, selon l’organisation, est de lier la lutte contre les gangs armés à un respect strict des droits humains.
Appel à l’ONU et aux instances de sécurité
La Fjkl invite le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à renforcer la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays. Elle propose que le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité accompagne les gouvernements dans la rédaction d’un accord précisant le statut des militaires déployés, la durée de la mission, le recrutement de soldats haïtiens et une formation intensive.
L’organisation souligne également la nécessité d’organiser des procès contre les auteurs de massacres, de renforcer les tribunaux et les établissements pénitentiaires, afin de mettre fin à l’impunité qui, selon elle, alimente la récidive des groupes criminels.
Critique des mercenaires et des missions précédentes
La Fjkl dénonce le contrat en cours avec des mercenaires étrangers, notamment une société américaine, jugé inefficace après près de vingt mois d’engagement. Elle recommande de réorienter les fonds alloués à ces mercenaires vers un programme de formation massive de jeunes soldats haïtiens, avec le soutien de leurs homologues salvadoriens.
Les précédentes initiatives, comme la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) mandatée en octobre 2023 et la Force de répression des gangs (FRG) qui a succédé à la MMAS, sont jugées insuffisantes pour contenir la violence. Les routes nationales, l’aéroport international Maïs‑Gâté et les corridors de contrebande restent sous le contrôle des groupes armés.
Définition du terrorisme et dénonciation des gangs
La Fjkl qualifie la coalition Viv Ansanm, incluant le groupe des 400 Mawozo, de groupe terroriste. Elle décrit leurs actions comme des violences indiscriminées, enlèvements, tortures, viols et attaques contre les civils, correspondant à la définition du terrorisme basée sur la peur et la contrainte d’un État.
En réponse à la disparition de quatre militaires salvadoriens le 18 octobre 2026, le chef de gang Wilson Joseph aurait sollicité le dialogue auprès du secrétaire général de l’ONU, une démarche que la Fjkl interprète comme une tentative de légitimation du groupe au nom du droit humanitaire.
Source : AlterPresse
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