mercredi 16 septembre 2026

Le Brésil pointe le rôle des économies criminelles dans l’escalade de la violence haïtienne

Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant brésilien a souligné que les gangs haïtiens tirent profit d’un réseau d’activités illicites, appelant à combiner sécurité, renforcement institutionnel et alternatives économiques pour les jeunes.

Le Brésil pointe le rôle des économies criminelles dans l’escalade de la violence haïtienne
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Le 28 août 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni à New York pour examiner la crise sécuritaire qui secoue Haïti, à la suite de l’attaque meurtrière de gangs à Kenscoff, à l’est de Port‑au‑Prince. Au‑delà des condamnations habituelles, le représentant du Brésil, Norberto Moretti, a mis en lumière une dimension moins visible mais déterminante : les économies criminelles qui alimentent la violence.

Des réseaux illicites au cœur du pouvoir des gangs

Selon Moretti, les groupes armés haïtiens contrôlent des nœuds logistiques stratégiques et tirent des revenus importants de l’extorsion. Cette capacité financière leur permet de financer l’achat d’armes et de recruter de jeunes vulnérables, perpétuant ainsi un cercle vicieux de criminalité et d’instabilité.

Le chef du Bureau intégré des Nations‑Unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, a confirmé que l’influence des gangs s’étend désormais bien au‑delà de la capitale, renforçant la nécessité d’une réponse globale.

Appels à une réponse multidimensionnelle

Le représentant haïtien, Pierre Ericq Pierre, a exhorté la communauté internationale à renforcer l’application de l’embargo sur les armes afin de « tarir les flux d’armes et de munitions » qui alimentent les groupes armés. De son côté, le délégué français, Jay Dharmadhikari, a plaidé pour le renouvellement du régime de sanctions en octobre, visant à couper les sources de financement des gangs et à sanctionner les soutiens politiques ou financiers.

Le Brésil a proposé de coupler les actions de maintien de l’ordre à un renforcement des institutions locales, à la résilience communautaire et à la création d’alternatives économiques pour les jeunes, afin de réduire leur attractivité pour les recruteurs.

Conséquences humanitaires

Indrika Ratwatte, responsable par intérim des affaires humanitaires de l’ONU, a rappelé que plus de 6,4 millions de Haïtiens – plus de la moitié de la population – ont besoin d’une aide humanitaire, tandis que près de 1,5 million sont déplacés à l’intérieur du pays. Plus de 5 500 incidents de violence basée sur le genre ont été recensés au cours des six premiers mois de l’année, soulignant l’impact sociétal de la crise.

Pour Ratwatte, l’aide d’urgence ne suffit pas à elle seule. Un progrès durable exige des avancées simultanées en matière de sécurité, de stabilité politique et d’investissements soutenus dans les services essentiels.


Source : AlterPresse
AlterPresse