Le 16 août 2026, le monde de l’art haïtien a perdu Patrick Vilaire, figure incontournable du paysage culturel, à l’âge de 84 ans. Le Ministère de la Culture et de la Communication, le Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH) et le Centre d’Art ont publié des communiqués pour saluer son héritage.
Un artiste aux multiples facettes
Vilaire, né à Port‑au‑Prince le 16 septembre 1941, a débuté le dessin à quinze ans tout en s’initiant à la céramique. Membre de l’Académie internationale de la céramique depuis 1964, il a élargi son champ d’action à la céramologie historique, à l’ethnologie et aux énergies renouvelables. Son engagement technique s’est concrétisé en 1989 avec la création du GATAPHY, un service d’assistance aux potiers et à la petite hydraulique des mornes.
Le ministère souligne que Vilaire a œuvré pour la préservation du patrimoine haïtien, mêlant création artistique et projets communautaires, notamment des installations d’eau potable, du mobilier urbain et des espaces collectifs dans des quartiers défavorisés.
Un passeur de savoirs
Le Centre d’Art le décrit comme un « véritable passeur de savoir », rappelant son rôle dans la mise en place du Centre artistique et culturel Poto Mitan aux côtés de Wilfrid Austin Casimir et Jean‑Claude Garoute. Il a également offert son four de céramique à l’atelier du Centre, facilitant la formation de nouvelles générations.
Enseignant à l’école Sainte‑Trinité et assistant à la section précolombienne du Bureau d’Éthnologie d’Haïti, il a transmis techniques et perspectives historiques à de nombreux étudiants.
Rayonnement international
Les œuvres de Vilaire ont été présentées à Washington, New York, Dakar, Genève, Paris et Berlin. Deux pièces figurent dans des collections prestigieuses : le fauteuil président au Centre Pompidou et la table du dialogue avec la mort à la Fondation Cartier. En 2004, il a collaboré avec la Smithsonian Institution sur un projet dédié au patrimoine haïtien, puis est devenu chercheur associé.
Parmi ses réalisations majeures, on compte une fresque murale à Jalousie (2000), la création d’un vitrail, l’épée porte‑plume pour l’académicien Dany Laferrière (2015) et la restauration de la croix métallique de Croix‑des‑Prés après le séisme de 2010.
Distingué en 2010 par le premier prix Édouard‑Glissant et décoré chevalier des Arts et des Lettres de France, Patrick Vilaire laisse une empreinte indélébile sur l’art et la culture haïtiens.
Source : AlterPresse
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