Jacques Anderson Desroches, syndicaliste reconnu et conseiller au sein du comité de suivi du marché pétrolier, a souligné la nécessité d’une réorganisation structurelle du secteur afin de répondre aux défis actuels. Selon lui, les ajustements de prix récurrents nuisent à l’économie et aggravent la pression sur les ménages.
Contexte des derniers ajustements
La semaine précédente, les syndicats ont empêché une hausse importante des tarifs des hydrocarbures. Après des négociations intenses, le gouvernement a fixé le prix du gallon de gasoline à 700 gourdes, soit une baisse de 179 gourdes par rapport à la proposition initiale. Cette décision a été rendue possible grâce à un mécanisme de compensation mis en place par le chef du gouvernement et le ministre des Finances, destiné à éviter une flambée des prix.
Le conseil consultatif a présenté trois propositions de réduction et deux d’augmentation des tarifs. Une nouvelle évaluation du marché, prévue à la fin du mois, devrait aboutir à d’autres ajustements.
Propositions de réorganisation
Desroches plaide pour la construction de centres de stockage régionaux, la mise en place d’une réserve stratégique et le développement de raffineries nationales. Il estime que ces mesures permettraient de réduire les coûts de stockage et de transport, qui représentent une part importante de la structure tarifaire, et d’offrir une meilleure prévisibilité des prix sur un trimestre.
Actuellement, le marché haïtien dépend des importations de carburant raffiné, acheté auprès de fournisseurs nord‑américains, latino‑américains et caribéens. Le prix du baril de pétrole raffiné s’établissait à 191 USD, contre environ 100 USD pour le brut, entraînant une différence de coût notable. Le gallon de carburant était évalué à 3,93 USD à la fin juillet 2026.
Le syndicaliste souligne que le volume annuel du pays, inférieur à 10 millions de barils, n’attire pas les grandes multinationales. Il recommande donc aux autorités et aux entrepreneurs haïtiens de rechercher des partenariats avec des compagnies internationales, à l’instar de la République dominicaine, ainsi que d’autres pays de la région qui ont déjà investi dans le raffinage.
Pour Desroches, la priorité doit être donnée aux infrastructures de stockage, qui garantiraient une stabilité des prix des hydrocarbures et, par ricochet, des biens et services dépendants du carburant.
Source : Radio Métropole
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