À l’approche du scrutin prévu le 13 décembre 2026, plusieurs formations politiques et organisations de la société civile haïtienne ont exprimé leurs inquiétudes quant à la légitimité du processus électoral. Elles invoquent notamment des irrégularités dans la constitution des listes d’adhérents, la sécurité du pays et la transparence des institutions chargées de l’organisation du vote.
Allégations de fraude sur les listes d’adhérents
Le regroupement Delivrans, porté par l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus, accuse certaines formations d’utiliser de façon abusive les numéros d’identification nationale pour gonfler artificiellement leurs effectifs et atteindre le seuil de 30 000 membres requis pour l’inscription des candidats. Sénatus a indiqué que ces pratiques pourraient être portées devant la justice.
Le parti Kowòt patriyotik, dans une note du 7 septembre, qualifie ces manœuvres d’atteinte au libre consentement des citoyens et à l’égalité entre les acteurs politiques. Il sollicite le Conseil électoral provisoire (CEP) afin d’effectuer une vérification indépendante des listes et de permettre aux personnes concernées de contester toute affiliation non consentie.
Exigences des organisations de défense des droits humains
La Coalition des organisations haïtiennes pour la transparence électorale (Cohte), regroupant quinze associations dont l’Ordre des défenseurs des droits humains et la Ligue haïtienne de défense des droits humains, réclame la publication intégrale des listes d’adhérents de chaque parti. Elle demande également un audit complet des ressources financières du CEP sur les deux dernières années ainsi qu’une évaluation indépendante du personnel chargé des opérations électorales et des affaires juridiques.
Appel à la sécurité et à un calendrier réaliste
L’Organisation du peuple en lutte (OPL) a rencontré la mission de haut‑niveau de la Caricom le 5 septembre et a insisté sur la nécessité de garantir des conditions sécuritaires suffisantes pour un scrutin « honnête et crédible ». Le parti préconise la révision du décret électoral et l’élaboration d’un calendrier réaliste.
Le Secteur démocratique et populaire (SDP) a, via son porte‑parole Michel André, critiqué la décision du Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé de créer une plateforme politique personnelle, jugeant cela préjudiciable à la confiance des acteurs.
Voix religieuses et internationales
Le président de la Conférence des pasteurs haïtiens, Dr Ernst Pierre Vincent, a demandé à la Caricom de soutenir un processus « inclusif et souverain », tout en exprimant des réserves quant à une éventuelle ingérence étrangère. Le parti Pitit Dessalines, lors d’une réunion avec le Bureau intégré des Nations unies et la Caricom le 4 septembre, a souligné que des élections ne peuvent se tenir sans un minimum de sécurité, d’inclusion et de garanties démocratiques, préconisant une gouvernance transitoire bicéphale.
La délégation Caricom, composée d’anciens Premiers‑ministres des Caraïbes, a rencontré la ministre haïtienne des Affaires étrangères le 2 septembre pour discuter des conditions nécessaires à des élections libres, crédibles et sécurisées, alors que le CEP finalise les préparatifs du vote de décembre.
Source : AlterPresse
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