vendredi 18 septembre 2026

Port-au-Prince au bord de l’effondrement, les gangs attaquent

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L’aube se lève sur une capitale assiégée. La ville meurtrie de Port-au-Prince s’éveille au crépitement des armes automatiques. À Delmas et dans ses environs, la terreur s’installe, implacable. À Delmas 30, la panique est totale : les habitants fuient en hâte, les automobilistes font demi-tour, pris au piège d’un chaos de plus en plus grand.

Dans un assaut apparemment planifié, des civils armés poursuivent leur avancée, défiant ce qui reste d’une autorité en déroute. Delmas, commune stratégique, est au centre d’une bataille dont l’issue semble de plus en plus incertaine.

Hier lundi, un garage a été incendié à Delmas 17. Quelques jours plus tôt, plusieurs maisons ont été incendiées par des bandes criminelles. Chaque incendie, chaque agression, chaque coup de feu renforce l’impression d’une ville livrée à elle-même, abandonnée aux mains d’individus qui imposent leur loi dans une impunité qui fait froid dans le dos.

Face à cette escalade, les institutions censées garantir l’ordre et la sécurité semblent désarmées. Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), la Primature, le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), la Police Nationale d’Haïti (PNH), le Ministère de la Défense et le Ministère de l’Intérieur restent impuissants face à ce déferlement de violence. Leur silence et leur inaction soulèvent des questions troublantes : assiste-t-on à une simple incapacité à contenir la crise ou à une complicité tacite avec les forces du chaos ?

Pendant ce temps, la population, démunie et livrée à elle-même, ne peut qu’assister à l’effondrement d’un Etat dont les fondations tremblent sous le poids de l’insécurité.