Le 19 septembre 1986, Charlot Jacquelin, alors moniteur du programme d’alphabétisation Misyon Alfa, était arrêté à son domicile de Cité Soleil avant d’être exécuté et jeté dans une fosse. Sa mort a suscité une vague d’indignation et a renforcé la solidarité autour de la lutte contre l’impunité.
Quarante ans plus tard, un constat alarmant
Dans une note publiée à l’occasion de cet anniversaire, la Fondation Charlot Jacquelin souligne que le pays semble désormais accepter des situations autrefois jugées inacceptables. Elle pointe du doigt un affaiblissement du cadre démocratique et une incapacité des forces sociales à exercer pleinement leurs missions.
Violence perçue comme norme
Selon l’organisation, les discours politiques peinent à inspirer l’espoir, tandis que les jeunes générations subissent les conséquences d’une insécurité grandissante. La Fondation met en lumière un cycle où les victimes, exposées à la violence, peuvent être entraînées dans des comportements similaires.
Enlèvements : une réalité quotidienne
Le texte cite le cas de cinq écoliers kidnappés le 18 septembre, retenus contre rançon, comme illustration de la multiplication des prises d’otages. Pour la Fondation, ces faits montrent que toutes les couches sociales sont aujourd’hui confrontées à la menace permanente de la violence.
Vers une reconstruction morale et politique
Reconnaissant que les dérives actuelles trouvent leurs racines dans le passé, la Fondation insiste sur la nécessité d’une prise de conscience collective. Elle appelle à une mobilisation profonde des acteurs de la société afin de reconstruire les fondations morales et politiques d’Haïti, refusant ainsi une reconstruction fondée sur l’indifférence, la division et l’oubli.
« Commémorer le quarantième anniversaire de la disparition de Charlot Jacquelin, c’est refuser cette fatalité », conclut la note, invitant à un sursaut national face à la dégradation de la situation du pays.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info







