jeudi 17 septembre 2026

Kenscoff : plus de 160 victimes et des dizaines d’enlèvements lors de deux attaques meurtrières

Le Réseau national de défense des droits humains dénonce plus de 160 morts, des dizaines de disparus et l'absence de mesures de sécurité adéquates à Kenscoff, où deux massacres ont eu lieu en juillet et août 2026.

Kenscoff : plus de 160 victimes et des dizaines d'enlèvements lors de deux attaques meurtrières
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Un rapport publié le 16 septembre 2026 par le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) révèle que la commune de Kenscoff, à l’est de Port‑au‑Prince, a été le théâtre de deux violents assauts en juillet et en août, faisant au total 164 morts et de nombreux blessés.

Des pertes humaines importantes

Parmi les personnes décédées, on compte 21 aînés âgés de 65 à 90 ans, 36 femmes et 7 enfants. Les attaques ont également laissé 23 blessés, tant par balle que par arme blanche. En outre, 71 habitants ont été enlevés, dont plusieurs enfants en bas âge, dont trois nourrissons.

Libération partielle grâce à l’UNICEF

Le 28 août, treize otages – dont sept femmes et six enfants – ont été libérés après l’intervention du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et l’appui de leaders communautaires. Parmi les libérés figuraient trois bébés de moins de deux ans, un enfant de sept ans et deux adolescents.

Des destructions matérielles considérables

Les bandits ont incendié des dizaines de maisons et de véhicules, y compris les résidences du docteur William Pape, directeur du Groupe haïtien d’étude du sarcome de Kaposi et des infections opportunistes, et du magistrat Bob Joachim, juge du tribunal de paix de Kenscoff. Des sites d’accueil pour personnes déplacées, comme le camp Anc de Robin, ont également été partiellement brûlés.

Le Rnddh attribue ces drames à une détérioration de la sécurité locale, aggravée par le retrait progressif de 60 % des effectifs des unités spécialisées de la police. Les autorités locales auraient demandé à plusieurs reprises un renforcement des moyens humains et matériels, sans obtenir de réponse.

Le rapport critique également la passivité du Conseil supérieur de la police nationale et le manque d’implication des Forces armées d’Haïti, dont la présence se limiterait à un petit contingent à la zone de Téléco. La Force de répression des gangs, déployée depuis mai 2026, serait peu visible sur le terrain.

Selon le Rnddh, les assaillants ont utilisé des drones de surveillance et des éclaireurs pour préparer l’attaque du 23‑24 août, s’appuyant sur l’aide de certains habitants de la commune. Le réseau réclame des mesures urgentes pour renforcer la sécurité, enquêter sur les faits et garantir assistance et justice aux victimes et aux déplacés.


Source : AlterPresse
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