En Haïti, les bandes armées ne se contentent plus de contrôler des territoires ; elles forment une nouvelle génération de combattants en intégrant des enfants et des adolescents. Dans plusieurs quartiers, des jeunes de moins de dix ans assurent la surveillance, transportent des armes ou participent directement aux attaques.
Une progression alarmante
Selon l’UNICEF, le recrutement d’enfants par les groupes armés a bondi de 200 % en 2025, ce qui signifie que le nombre de mineurs enrôlés a triplé en un an. Les Nations unies estiment que les enfants pourraient représenter entre 30 % et 50 % des effectifs des gangs. Un rapport conjoint du Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et du BINUH recense au moins trente gangs actifs dans la région métropolitaine de Port‑au‑Prince et dans plusieurs communes du pays, tous impliqués à divers degrés dans ce phénomène.
Le recrutement s’opère souvent par étapes : d’abord messager ou veilleur, puis transporteur de munitions, collecteur d’argent, avant d’être entraîné à des enlèvements ou à des exécutions. Les filles subissent des formes spécifiques d’exploitation, notamment des tâches domestiques, le transport d’armes et des violences sexuelles.
Conséquences sur la sécurité et la société
Ces jeunes, familiers des rues et peu soupçonnés, permettent aux gangs d’étendre leurs réseaux de surveillance et de contourner les interventions policières. Leur présence complique les opérations de sécurité, augmentant le risque de bavures et de représailles. Entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026, 5 519 personnes ont été tuées et 2 608 blessées, selon le Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
L’effondrement des structures de protection accentue le problème : plus de 1 600 établissements scolaires ont fermé, privant près d’un demi‑million d’enfants d’éducation. Parallèlement, plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, dont plus de la moitié sont des enfants, les rendant particulièrement vulnérables aux promesses ou aux menaces des recruteurs.
Vers une réponse globale
Une approche exclusivement policière ne suffit pas. Il faut réouvrir les écoles, soutenir les familles, protéger les déplacés et mettre en place des programmes de désengagement et de réinsertion psychosociale pour les mineurs déjà recrutés. Sans ces mesures, le recrutement d’enfants continuera d’alimenter la violence et de compromettre les perspectives de stabilité d’Haïti.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info







