À quelques jours de la rentrée prévue le 7 septembre 2026, l’Union de parents d’élèves progressistes haïtiens (Upeph) alerte sur une série de carences qui pourraient empêcher la réouverture effective des établissements scolaires à l’échelle nationale.
Absence de mesures gouvernementales
Dans une prise de position du 26 août, l’Upeph souligne que le gouvernement n’a toujours pas réglé les salaires des fonctionnaires, n’a pas distribué la carte d’aide de 15 000 gourdes prévue tous les quatre mois, ni versé le 14e mois habituel. Ces retards aggravent la précarité des familles déjà touchées par la crise économique.
Hausse des frais dans le secteur privé
Des directeurs d’écoles privées, notamment confessionnelles, auraient augmenté les frais de scolarité de jusqu’à 50 % pour l’année 2026‑2027 et exigé des paiements supplémentaires pour les cérémonies de graduation. L’Upeph rappelle que la loi publiée le 3 janvier 2017 par l’ancien président Jocelerme Privert limite les augmentations à 10 % tous les quatre ans et interdit les frais de graduation pour le jardin d’enfants, autorisant uniquement ceux de la classe terminale sous conditions.
Des infrastructures scolaires en ruine
Une enquête de l’Upeph publiée en mai 2026 indique que des centaines d’écoles publiques restent détruites ou non réparées. Dans le Sud‑Est, 60 établissements doivent être reconstruits et 55 réparés ; la Grand’Anse compte 29 écoles détruites par l’ouragan Melissa toujours à l’abandon ; le Nord‑Ouest, le Nord‑Est et le Nord recensent respectivement 27, 26 et 10 écoles en attente de reconstruction.
Violence des gangs et fermetures massives
Selon l’Upeph, la violence des gangs a entraîné la fermeture de 1 700 établissements et la destruction de plus de 500 écoles sur les 18 241 existantes. Dans le département de l’Ouest, plus de 400 écoles ont été détruites et 1 672 fermées sur 6 127. La même dynamique paralysait 7 communes de l’Artibonite. Des dizaines d’écoles nationales de la capitale, dont Fortuna Guery, Guillaume Manigat et les lycées Jean Jacques Dessalines et Fritz Pierre Louis, ont disparu.
Face à ces constats, l’Upeph réclame des actions concrètes du gouvernement pour sécuriser les établissements, relancer les paiements aux fonctionnaires et respecter les plafonds légaux des frais scolaires.
Source : AlterPresse
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