La réouverture des classes en Haïti est quasiment impossible, à cause, des bandes armées qui dirigent le pays, particulièrement les quartiers populaires, les mouvements de protestation et l’indisponibilité du carburant, par conséquent la classe moyenne et les plus défavorisés, en souffrent, car ils n’ont pas les éléments adéquats pour faire suivre des cours en ligne aux jeunes écoliers comme le font les plus aisés qui ont pu placer leurs enfants dans les écoles dites grandes écoles.
« L’éducation est l’arme la plus puissante pour sauver le monde », disait Nelson Mandela. Mais il semblerait qu’en Haïti, on ne tienne pas vraiment compte de cette idéologie, car on suppose que l’État à travers le ministère de l’éducation n’a pas assez de capacité pour comprendre le rôle de l’éducation dans une société. On dirait que la fonction de l’État Haïtien est nulle comme étant le garant de la bonne marche des institutions, il n’a pas le contrôle du pays voire de l’éducation du peuple.
En effet, les écoles ne peuvent pas ouvrir leurs portes, depuis plus d’un mois, ce qui relève de l’irresponsabilité de L’Etat qui n’a pas de dimension pour gérer la pénurie des ressources pétrolières, maîtriser les bandes armées, venir à bout des mouvements de protestation à travers tout le pays. Ainsi, les fils et les filles haïtiens ne peuvent pas reprendre le chemin de l’école pour recevoir le pain de l’institution.
La réouverture des classes devait avoir lieu le 5 septembre 2022, a été reportée au 3 octobre, à cause de la crise multidimensionnelle qui sévit le pays. Le peuple manifeste constamment pour l’ajustement des prix des produits pétroliers, le départ du Premier ministre Ariel Henry, la montée du dollar américain vis-à-vis de la monnaie nationale, la gourde et l’insécurité. Nul ne peut espérer réellement d’une prochaine réouverture des classes.
Outre le problème de la réouverture des classes, le ministre de Nesmy Manigat pose le problème d’une éducation unique :
L’éducation haïtienne n’est pas unifiée, car l’évolution se fait à plusieurs dimensions, la tendance de la différenciation est venue par rapport à la classification des gens et de leur milieu social. Cette distinction est faite en trois catégories :
1- les grandes écoles :
On les appelle grandes écoles, car leurs coûts annuels sont beaucoup plus élevés. À celles-là, nombreux sont ceux qui ne peuvent offrir à leurs enfants un tel luxe. Sur le plan pédagogique, elles avancent plus vite, car les parents ont plus de moyens pour rendre disponibles les accessoires de leurs enfants pour travailler. Elles fonctionnent même si le pays est verrouillé par les va-nu-pieds. Ces écoles se rassurent que les matériels nécessaires (tablette, smartphone, laptops) et les applications (google meet, zoom meeting, Skype…) soient disponibles et les cours se dispensent en ligne ou à distance.
2- Les moyennes écoles :
Ce sont celles dont la classe moyenne s’y réfugie avec leurs enfants, pouvant aller à l’école dès le premier jour, la première ou la seconde semaine de classe. Les coûts de certaines ne sont pas aussi élevés que les premières suscitées. Les matériels didactiques et pédagogiques sont disponibles pour faciliter la transmission du savoir aux élèves. Elles voudraient dispenser des cours à distance aussi, mais pas la totalité.
3- Les petites écoles :
Celles-là appartiennent à la famille défavorisée, elles sont couramment appelées “écoles borlettes”, fréquentées par la plus basse classe de la société qui ne trouve aucune bonne instruction, ni de professeurs expérimentés, certains s’abstiennent d’y mettre les pieds certaines fois, car ils ne reçoivent pas vraiment les salaires. C’est le cas des lycées où les enseignants peuvent attendre plusieurs mois avant de recevoir leurs pitances. Pour les habits et l’hygiène, c’est une question phénoménale. Quelques-uns d’entre eux peuvent tenter de faire leur apparition à l’école dès la première semaine, d’autres le deuxième mois et un autre groupe en janvier. C’est une véritable catastrophe.
Le ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle n’y peut absolument rien contre tout car l’éducation est une affaire de clan ou d’un groupe, si vous n’êtes pas chez les frères ou les sœurs pour recevoir l’éducation made by FIC, la société tente souvent de vous marginaliser.
Dans la foulée, la crise actuelle qui affecte beaucoup la réouverture des classes, voire le fonctionnement de l’école, ce sont les plus vulnérables qui subissent et qui paient les frais des inconséquences et de l’incompétence de l’Etat qui visiblement ne veut rien dire face à cette situation.









