À l’approche de la clôture de l’exercice fiscal, plusieurs jeunes pharmaciens en résidence, affectés dans différents hôpitaux nationaux, ont exprimé leur mécontentement face à des retards de paiement qui s’étendent sur plusieurs mois. Selon les témoignages recueillis, les versements prévus par l’État, d’environ 10 000 gourdes mensuels, n’arrivent pas de façon régulière, voire parfois pas du tout pendant plus d’un semestre.
Des versements échelonnés et insuffisants
Le mode de paiement actuel prévoit deux tranches par an, ce qui ne permet pas aux résidents de disposer d’une trésorerie stable pour faire face aux dépenses quotidiennes. Certains évoquent des retards pouvant atteindre huit à douze mois, laissant les jeunes professionnels dans une situation de précarité financière.
Charges de logement, alimentation et transport
Outre le manque de rémunération, les résidents doivent assumer seuls les frais liés à l’hébergement, à la nourriture et aux déplacements, surtout lorsqu’ils sont affectés loin de leur région d’origine. L’absence d’un accompagnement logistique ou financier adéquat complique davantage leur quotidien, alors même qu’ils assurent environ 48 heures de travail hebdomadaire au service des patients.
Ces conditions sont jugées inéquitables par rapport à d’autres filières de résidence, où les dispositifs d’appui seraient plus structurés. Les pharmaciens en formation soulignent que leur rôle, essentiel à la dispensation sécurisée des médicaments et à la prévention des erreurs médicamenteuses, ne doit pas être subordonné à une situation de pauvreté.
Appel aux autorités
Les résidents ont adressé une requête conjointe au Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) ainsi qu’au Ministère de l’Économie et des Finances, demandant la régularisation rapide des paiements en souffrance et une révision du dispositif d’accompagnement. Ils insistent sur la nécessité d’une prise en compte globale des besoins en logement, transport, alimentation et sécurité.
Alors que le système de santé haïtien fait face à de multiples défis, les jeunes pharmaciens estiment que la reconnaissance de leurs contributions passe d’abord par le respect des engagements financiers de l’État, afin de garantir la continuité des soins sans que les praticiens ne soient contraints de vivre dans la précarité.
Source : Vant Bèf Info
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