Dans la nuit du 23 au 24 août 2026, des hommes armés ont pénétré plusieurs quartiers de Kenscoff, incendié des habitations et ciblé une église où des familles s’étaient réfugiées. Le maire, Jean Massillon, a indiqué à Reuters que le bilan provisoire s’élève à au moins trente victimes mortelles, le dénombrement restant difficile en raison de l’accès limité aux zones touchées.
Un cycle de violences depuis 2025
Cette attaque s’inscrit dans une série d’incidents qui débute le 27 janvier 2025, lorsque des groupes affiliés à la coalition Viv Ansanm ont lancé une première offensive dans les hauteurs de la capitale. Selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et le Haut‑Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), la période du 27 janvier au 27 mars 2025 a fait 262 morts, dont 115 civils, 66 blessés et a contraint plus de 3 000 habitants à fuir leurs foyers. Environ 200 maisons ont été détruites ou incendiées.
Les violences se sont poursuivies en février‑mars 2025, avec des pillages, des incendies et des violences sexuelles signalées. En juillet 2026, une nouvelle vague a fait au moins 61 morts, dont 14 enfants, et a entraîné le déplacement de 5 840 personnes, soit 1 836 ménages, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Conséquences humaines et territoriales
Les chiffres cumulés montrent que les attaques documentées ont fait plusieurs centaines de morts et des dizaines de blessés, tandis que les déplacements successifs ont touché plusieurs milliers de personnes, dont certaines familles ont été contraintes de quitter leur domicile à plusieurs reprises. La récurrence des incursions remet en question la capacité de l’État à assurer une présence sécuritaire durable dans la commune.
Kenscoff occupe une position stratégique : située dans les hauteurs qui surplombent Pétion‑Ville, elle contrôle des axes essentiels vers le Sud du pays et constitue une zone agricole importante pour la capitale. La prise de contrôle de ces points de passage explique en partie l’intérêt des groupes armés.
Contexte électoral
Alors que le gouvernement prépare les premières élections générales depuis plus d’une décennie, prévues pour décembre 2026, les habitants de Kenscoff restent confrontés à une insécurité qui rend difficile toute participation citoyenne. Les autorités ont promis de renforcer les forces de sécurité et de ne pas « abandonner » la commune, mais la réalité sur le terrain montre que la protection effective demeure précaire.
Source : Vant Bèf Info
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