mercredi 16 septembre 2026

Crise d’obtention des casiers judiciaires chez les migrants haïtiens au Chili

Les Haïtiens résidant au Chili peinent à obtenir les casiers judiciaires requis pour la régularisation, déclenchant des tensions à l’ambassade d’Haïti à Santiago.

Crise d’obtention des casiers judiciaires chez les migrants haïtiens au Chili
Partager cet article

Depuis l’adoption de la nouvelle politique migratoire chilienne, les ressortissants haïtiens doivent accomplir plusieurs formalités pour obtenir la résidence permanente, dont la présentation d’un casier judiciaire. Ce document est également indispensable pour toute demande de naturalisation.

Les estimations font intervenir plus de 50 000 migrants haïtiens dans ce blocage administratif, la plupart déclarant l’impossibilité d’obtenir le certificat requis. Sans ce document, aucune avancée n’est possible dans le processus de régularisation.

Un incident à l’ambassade

Le samedi 22 août 2026, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le local de l’ambassade d’Haïti à Santiago pour réclamer leurs casiers. Après plusieurs heures d’attente, la frustration a conduit à la destruction de deux barrières. La police chilienne est intervenue pour rétablir l’ordre, assistée du chargé d’affaires haïtien, M. Claudel Mesilas, et de deux agents de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).

Le processus en question

Selon les responsables présents, l’ambassade ne délivre pas les casiers ; elle ne réalise que les empreintes digitales, qui sont ensuite transmises aux autorités haïtiennes. Celles-ci, via la DCPJ de Port-au-Prince, sont chargées de vérifier les données et d’émettre le document officiel. Ce circuit est jugé par la communauté comme un véritable labyrinthe, aggravé par la présence de faux casiers saisis par les autorités haïtiennes.

Le 14 août 2026, les migrants avaient organisé une manifestation pour dénoncer ces dysfonctionnements. Face à la pression, le gouvernement haïtien a dépêché deux spécialistes à Santiago, promettant d’examiner les solutions possibles. Les migrants se disent prêts à assumer les frais, à condition que l’ambassade prenne en charge la livraison du casier.

Les agents de la DCPJ ont toutefois rappelé qu’ils ne peuvent pas produire les documents pour l’ensemble de la communauté et que les empreintes devront être acheminées à Port-au-Prince pour validation par les experts du bureau central.

Depuis 2015, la communauté haïtienne du Chili a connu une forte croissance, dépassant les 100 000 personnes à son apogée. Des estimations plus récentes situent toutefois ce nombre autour de 50 000, suite aux départs vers le Mexique et les États-Unis.


Source : Radio Métropole
Radio Métropole