Selon les dernières prévisions de la Banque de la République d’Haïti (BRH), le produit intérieur brut devrait diminuer de 1,5 % à 1,9 % en 2026. Si ces estimations se confirment, le pays entrerait dans une huitième année consécutive de contraction économique.
Activité économique et indicateurs de conjoncture
Au deuxième trimestre, l’Indice conjoncturel d’activité économique (ICAE) a enregistré un recul de 0,6 % sur un an, tandis que la variation semestrielle s’établit à –0,8 %. Cette décélération est moins prononcée que l’an passé, où l’ICAE avait chuté de 2,7 % au même trimestre et de 2,6 % sur le premier semestre.
Inflation et politique monétaire
L’inflation annuelle a baissé de 21 % en avril à 18,9 % en juin, avec une inflation sous‑jacent de 17,3 % en juin. La BRH attribue cette amélioration à la stabilité du taux de change, à la diminution des prix des carburants et à une gestion prudente de la liquidité bancaire. Malgré la décélération, les prix continuent d’augmenter, mais à un rythme plus lent.
Finances publiques sous tension
Les recettes fiscales ont atteint 51 259,44 millions de gourdes, contre des dépenses budgétaires de 63 919,32 millions. Les décaissements totaux s’élèvent à 133 776,68 millions, tandis que les ressources globales s’élèvent à 126 053,42 millions. Entre octobre 2025 et juin 2026, la BRH a financé le déficit du Trésor à hauteur de 32 635,3 millions de gourdes.
Marché des changes et commerce extérieur
Le taux de référence au 30 juin 2026 était de 130,5279 gourdes pour un dollar américain. Les réserves internationales couvrent plus de sept mois d’importations. Les exportations se sont limitées à 118,79 millions de dollars contre 1 305,03 millions d’importations, générant un déficit commercial de 1 186,24 millions de dollars.
Transferts de la diaspora, un filet de sécurité
Les envois privés de la diaspora ont totalisé 1 307,62 millions de dollars au dernier trimestre, portant le cumul d’octobre 2025 à juin 2026 à 3 822,75 millions. Un durcissement des politiques migratoires dans certains pays d’accueil pourrait réduire ces flux, affectant l’offre de devises.
Principaux risques à surveiller
L’insécurité, les tensions sur les finances publiques, les incertitudes géopolitiques et les aléas climatiques sont identifiés comme les principales menaces pour l’économie haïtienne dans les mois à venir.
Source : Vant Bèf Info
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