De retour d’un voyage officiel en Jamaïque, Fritz Alphonse Jean s’est empressé de rendre visite aux membres de la Mission multinationale pour leur exprimer ses sympathies suite à la mort tragique d’un officier kenyan, tué le 24 mars à Petite-Rivière de l’Artibonite. Dans un geste diplomatique, il a exprimé ses condoléances au gouvernement et au peuple kenyans, ainsi qu’à la famille du défunt.
Mais derrière ces mots de compassion, une vérité dérangeante persiste. Face à l’insécurité croissante et à un pays livré aux gangs, le gouvernement haïtien semble avoir abandonné toute tentative de reprise en main et se contente désormais de compter sur la mission multinationale pour faire le travail à sa place.
Le Premier ministre a assuré que son administration ferait « tout ce qui est possible » pour assurer le succès de cette intervention. Pourtant, ces mots sonnent comme un aveu d’impuissance. Après tout, que peut faire un État qui a déjà perdu l’essentiel de son autorité et dont les institutions ont été affaiblies par des années d’instabilité et de mauvaise gouvernance ?
L’histoire récente d’Haïti est marquée par des interventions étrangères aux résultats mitigés, souvent suivies d’un retour à la case départ. La mort d’un copilote kenyan montre que cette mission ne sera ni simple ni sans risque. Elle met surtout en lumière l’absence totale de stratégie de la part du gouvernement haïtien, qui s’en remet entièrement à l’aide extérieure au lieu d’adopter des mesures fortes pour reconstruire les forces de sécurité et restaurer la confiance de la population.
Loin d’être un simple appui, la mission multinationale devient le dernier espoir d’un gouvernement incapable d’assurer la sécurité nationale. Mais que se passera-t-il lorsqu’elle partira ? Haïti sera-t-elle une fois de plus livrée à elle-même, sans solution durable, condamnant ses citoyens à un avenir de plus en plus incertain ?









