Depuis l’occupation des cinq sections communales et du centre de Kenscoff par des groupes armés, les marchés de la métropole de Port‑au‑Prince connaissent une rareté aiguë de produits maraîchers. Les cultivateurs de la zone montagneuse, historiquement fournisseurs majeurs de carottes, betteraves, laitues, choux ou cresson, ne peuvent plus acheminer leurs récoltes vers les points de vente de la capitale.
Conséquences sur les prix
Les commerçantes du marché de Télélé, ainsi que celles de la Croix des Bossales, de Martissant ou de Bizoton à Carrefour, signalent une hausse de plus de quatre cents pour cent des tarifs. Une tête de laitue, vendue à 50 gourdes il y a quelques mois, atteint aujourd’hui 200 gourdes. Les choux et les carottes, parmi les produits les plus recherchés, voient leurs prix augmenter de 100 à 200 gourdes.
Cette flambée s’explique d’abord par l’impossibilité d’acheminer les récoltes depuis Kenscoff, où la terreur des gangs empêche les marchandes, comme « Madan Sara », de se rendre sur les sites de production. Les rares plantations encore actives ne disposent plus de moyens de transport sécurisés.
Impact économique et social
Outre les pertes humaines et les déplacements massifs – plus de 2 600 personnes ont fui le centre-ville de Kenscoff après le dernier massacre – la violence compromet l’économie locale. Les cultivateurs, décapitalisés, voient leurs moyens de subsistance anéantis, tandis que les commerçants qui se tournent vers les importations, notamment en provenance de la République dominicaine, doivent absorber des coûts supplémentaires liés aux barrages routiers. Ces frais sont répercutés sur les consommateurs, aggravant l’insécurité alimentaire.
Les spécialistes soulignent que l’absence de production locale favorise les produits importés, mais à un prix bien plus élevé pour la population. Les habitants des sections rurales, habitués à travailler la terre, réclament le rétablissement de la sécurité afin de reprendre leurs cultures et contribuer à la création de richesse.
Les autorités locales et la population attendent des interventions rapides des forces de l’ordre pour restaurer un climat sécuritaire indispensable à la reprise de l’agriculture et à la stabilisation des prix.
Source : Radio Métropole
Radio Métropole







