Le village de Noailles, situé dans le département de l’Ouest, à la commune de Croix-des-Bouquets, déclaré par le gouvernement de Martelly en 2011, un lieu touristique et artistique, est aujourd’hui, le village des repaires de bandits où des groupes armés s’affrontent au jour le jour.
Environ 200 artisans du village artistique de Noailles et les responsables lancent un appel de détresse à l’endroit des autorités concernées à cause de la flambée d’insécurité dans la commune de la Croix des Bouquets.
Ces artisans, qui sont spécialisés dans l’art du métal découpé, dénoncent le fait que leurs ateliers soient contraints de payer ponctuellement une rançon en vue de continuer à fonctionner dans la zone. Ils disent notamment regretter que cette grave situation fasse fuir les clients qui craignent pour leur sécurité.
Petit Rappel historique du village
Rappelons que dans les années 1950, Dewitt Peters, un Américain amateur d’art établi en Haïti où il avait fondé le Centre d’Art en 1944, remarque les croix de fer forgées à partir de rails inutilisés par Georges Liautaud pour les tombes de son village de Croix-des-Bouquets. Tandis que ce dernier commence une carrière véritablement artistique, une nouvelle tradition se développe dans ce lieu-dit situé sur l’ancienne habitation de Noailles.
L’artisanat du fer découpé, tradition déjà existante en Haïti, s’y développe et y prend de l’extension dans les années 70, jusqu’à faire du village de Noailles de la Croix-des-Bouquets, le centre haïtien de l’art du fer. Ce savoir-faire unique s’appuie sur l’art du fer découpé dans des fûts métalliques recyclés. Noailles est le premier village artisanal modèle d’Haïti, risque aujourd’hui le même sort que de nombreuses autres traditions culturelles disparues en Haïti comme le carnaval.
Stanley Daniel Pierre








