Alors qu’il s’apprête à quitter Haïti après deux ans d’activité diplomatique, l’ambassadeur de France, Antoine Michon, a tiré la sonnette d’alarme sur la proximité entre les milieux criminels et les acteurs politiques du pays. Selon lui, cette alliance constitue un obstacle majeur à la stabilité et à la reconstruction de l’État.
Une situation sécuritaire en déclin
Le diplomate a rappelé que les violences des gangs armés ont fait des milliers de victimes, déplacé plus d’un million de personnes et laissé l’État sans contrôle sur de vastes zones du territoire. Cette détérioration a même conduit l’ambassade française à réduire son personnel sur le terrain, tout en maintenant un soutien technique aux forces de sécurité haïtiennes.
Justice et impunité
Michon a souligné que la justice et la sécurité sont indissociables : « l’une ne peut fonctionner sans l’autre ». Il a critiqué l’impunité persistante, évoquant les rares condamnations pour corruption au cours des vingt dernières années et l’absence de verdicts dans des affaires majeures comme les massacres de Cité Soleil et de La Saline. L’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse a également été jugée trop lente.
Le diplomate a pointé du doigt la mauvaise gestion des fonds publics et le manque de transparence, qualifiant la corruption de frein essentiel au redressement du pays. Il a rappelé que le Conseil présidentiel de transition avait chargé le Premier ministre d’examiner les sanctions internationales contre des personnes suspectées de déstabilisation, mais que les mesures promises n’avaient pas été suivies.
Coopération internationale
Malgré les difficultés, la France continue d’appuyer les programmes de formation de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti, ainsi que la Mission multinationale d’appui à la sécurité. L’ambassadeur a insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre les trafics d’armes et de stupéfiants qui traversent le pays avant d’atteindre les territoires français d’outre‑mer.
En conclusion, Antoine Michon a appelé les responsables haïtiens à assumer leurs fonctions avec honneur et dignité, afin de rompre le cycle de criminalité et de politique qui menace la paix sociale.
Source : AlterPresse
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