jeudi 17 septembre 2026

Le CEP alerte sur des millions d’inscriptions rejetées et des tentatives de fraude lors de l’enregistrement des groupements politiques

Le Conseil électoral haïtien signale plus de 9 millions d’inscriptions refusées, dont plusieurs millions jugées frauduleuses, alors que le système d’identification nationale révèle des abus et des fausses cartes d’identité.

Le CEP alerte sur des millions d’inscriptions rejetées et des tentatives de fraude lors de l’enregistrement des groupements politiques
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Le Conseil électoral haïtien (CEP) a publié un rapport indiquant que plus de 9 millions de demandes d’inscription ont été rejetées par le système informatique dédié à l’enregistrement des groupements politiques. Ces enregistrements sont indispensables pour que les formations puissent présenter des candidats aux prochaines élections.

Origine des rejets et nature des irrégularités

Selon le directeur général de l’Office national d’identification (ONI), Reynold Guerrier, de nombreux dossiers ont été écartés parce que les informations saisies ne correspondaient pas aux données officielles. Il précise que des individus, parfois à l’insu des responsables, introduisent des numéros d’identification nationale unique (NINU) erronés ou des valeurs aléatoires afin de contourner le processus.

Le système rejette automatiquement toute inscription où l’un des champs obligatoires – nom, prénom, sexe ou numéro – est incorrect. Cette règle s’applique tant aux erreurs volontaires qu’aux fautes involontaires, ce qui explique le volume élevé de refus.

Fraudes avérées et réseaux de faussaires

Le CEP classe plus de 3 millions d’inscriptions comme non valides, les qualifiant de tentatives de fraude. Le même rapport mentionne l’existence de réseaux spécialisés dans la production de fausses cartes d’identité, dont certains ont déjà été démantelés. Ces documents contrefaits sont souvent très similaires aux cartes officielles et sont commercialisés sous le nom de « Ti Jocelyne ».

Guerrier recommande aux citoyens de vérifier l’authenticité de leur carte d’identité auprès de l’ONI, en s’appuyant sur des éléments de sécurité tels que l’hologramme visible sous lumière violette ou les codes intégrés.

Conséquences pour les électeurs et les partis

Des dirigeants de partis ont signalé que leurs numéros avaient été inscrits par des formations concurrentes, soulevant des inquiétudes quant à la manipulation du registre. Par ailleurs, certaines cartes authentiques ont été rejetées parce que leurs détenteurs n’ont pas procédé à l’activation requise (empreintes ou reconnaissance faciale) lors de la remise.

L’ONI a fourni un accès partiel à sa base de données au CEP pour la vérification des identités. À ce jour, plus de 6,6 millions de cartes ont été produites, couvrant plus de 85 % de la population éligible estimée à 7,5 millions d’habitants, dont près de 5,9 millions ont déjà été distribuées.


Source : Radio Métropole
Radio Métropole