Face à une crise multidimensionnelle qui combine insécurité généralisée, effondrement humanitaire et instabilité institutionnelle, plusieurs acteurs de la société civile haïtienne cherchent à proposer des alternatives. Le Front patriotique populaire (Fpp) a choisi d’articuler sa réponse autour d’un appel à la souveraineté nationale, en lançant le 28 juillet 2026 un Mouvement de résistance patriotique.
Un lancement symbolique et national
Le choix de la date coïncide avec le 211ᵉ anniversaire de la première occupation américaine d’Haïti, un repère historique que les organisateurs jugent révélateur des mécanismes de domination persistants. Des marches patriotiques et des conférences ont été tenues à Hinche (Plateau central) et à Jacmel (Sud‑Est), rassemblant plusieurs centaines de délégués issus de milieux paysans, féministes, étudiants et d’autres secteurs engagés.
Objectifs affichés du mouvement
Les porte‑voix du mouvement insistent sur la nécessité de rétablir la souveraineté nationale et d’empêcher toute forme de tutelle étrangère. Selon Philfranc Saint‑Naré, dirigeant du Mouvement paysan de Papaye, le système d’exploitation instauré pendant l’occupation continue d’alimenter les inégalités et la dépendance. Il a également dénoncé le processus électoral en cours, le qualifiant de « mascarade » qui, selon lui, profiterait à des groupes mafieux.
Le programme prévoit des activités supplémentaires les 14 et 22 août 2026, afin de maintenir la dynamique de réflexion et d’organisation. Les organisateurs appellent à une solidarité nationale et internationale pour contrer ce qu’ils décrivent comme une « recolonisation » du pays.
Réactions locales et défis sécuritaires
Dans le Plateau central, les assauts de gangs depuis mars 2025 ont provoqué des déplacements massifs, notamment à Mirebalais. Des discussions locales tentent de favoriser le retrait des groupes armés, mais les résultats restent limités. Des zones de l’Ouest, de l’Artibonite et du Sud‑Est restent sous contrôle de milices, tandis que la population de Séguin (Marigot) vit sous la menace constante d’attaques.
Le mouvement se veut à la fois une réponse immédiate aux besoins humanitaires et une réflexion à long terme sur les crises économiques, politiques et sociales qui affligent Haïti.
Source : AlterPresse
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