jeudi 17 septembre 2026

Les limites des opérations militaires face à la résilience des gangs en Haïti

Malgré une série d'interventions – forces multinationales, drones et unités spécialisées – les groupes armés conservent une emprise importante, poussant des milliers d'Haïtiens à l'exode interne.

Les limites des opérations militaires face à la résilience des gangs en Haïti
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Au cours des dernières années, Haïti a vu l’émergence de multiples dispositifs destinés à contrer la violence des gangs : missions multinationales dirigées par le Kenya, forces spécialisées, déploiement de drones armés et création d’une Force de Répression des Gangs. Ces initiatives ont permis des succès ponctuels, comme la neutralisation de combattants et la libération temporaire de certains axes routiers.

Des résultats éphémères

Les opérations ont souvent abouti à des gains limités dans le temps. Dans les hauts de Kenscoff, les groupes armés continuent d’exercer une pression forte malgré les interventions. En Artibonite, plusieurs localités restent sous l’influence des gangs, perturbant la circulation, l’agriculture et l’activité économique. Des quartiers de Croix‑des‑Bouquets et de la Plaine du Cul‑de‑Sac affichent également une présence armée persistante, même après des frappes aériennes et des actions au sol.

Le principal obstacle identifié est la difficulté à maintenir le contrôle du territoire après une offensive. Un raid peut repousser un groupe, un drone peut éliminer des combattants, mais sans présence sécurisée et durable, les gangs se réorganisent rapidement, récupérant les zones abandonnées.

Conséquences sur la population

Chaque nouvelle offensive s’accompagne d’un nouveau flux de déplacés : familles contraintes de fuir, enfants privés d’école, commerces désertés et quartiers vidés. Le phénomène d’exode interne s’amplifie, les habitants ne revenant que lorsque l’État parvient à rétablir une sécurité stable. Cette dynamique montre que la lutte ne se résume pas à des actions militaires, mais à la capacité de l’État à occuper, administrer et fournir des services dans les zones reconquises.

Les experts soulignent que la neutralisation des membres de gangs ne suffit pas si les réseaux de financement, les flux d’armes et les structures logistiques restent intacts. Une stratégie globale, combinant sécurisation, gouvernance locale et relance économique, apparaît indispensable pour transformer les succès tactiques en reconquête durable.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info