Dans le cadre d’une interview accordée le 9 août à El País et relayée par AlterPresse, William O’Neill, expert indépendant des Nations unies sur les droits humains en Haïti, a exprimé son opposition ferme aux expulsions forcées de ressortissants haïtiens depuis la République dominicaine et d’autres pays. Selon lui, aucun individu ne devrait être contraint de regagner une île qui, selon son évaluation, n’est pas en mesure d’accueillir un afflux supplémentaire de migrants.
Un programme TPS menacé
Le statut de protection temporaire (TPS) octroyé aux Haïtiens résidant aux États-Unis touche aujourd’hui plus de 350 000 personnes. Ce dispositif arrive à son terme, et les bénéficaires risquent d’être renvoyés vers un pays en pleine tourmente. L’expert souligne que la fin du TPS, combinée à une intensification des déportations par la République dominicaine, crée un risque humanitaire majeur.
Depuis 2023, la violence des gangs a déjà contraint près de 1,5 million d’Haïtiens à se déplacer à l’intérieur du pays, fuyant les zones contrôlées par les groupes armés. Cette situation fragilise davantage les capacités d’accueil et de soutien aux nouveaux arrivants.
Pressions migratoires et réponses internationales
Outre la République dominicaine, d’autres États ont accru le rythme des expulsions, invoquant des considérations sécuritaires et économiques. William O’Neill rappelle que les conventions internationales obligent les pays à garantir la sécurité et la dignité des personnes renvoyées, surtout lorsqu’elles proviennent d’un contexte de crise aiguë.
Il appelle les autorités dominicaines et leurs partenaires à reconsidérer les mesures d’expulsion, à explorer des solutions de réinstallation ou de soutien prolongé, et à collaborer avec la communauté internationale pour éviter une aggravation de la crise humanitaire en Haïti.
Source : AlterPresse
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