samedi 1 août 2026
JUSTICE 2 min de lecture

L’ULCC multiplie les rapports, mais la justice haïtienne reste passive

Depuis la nomination de Hans Jacques Ludwig Joseph à la tête de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) le 27 juillet 2020, l’institution semble avoir redoublé d’efforts. En un peu moins de cinq ans, elle a produit 56 rapports transmis au Parquet en vue de poursuites. Ce chiffre représente plus de 60% de l’ensemble des dossiers traités par l’institution depuis sa création en 2004.

Malgré cette productivité remarquable, les résultats concrets se font toujours attendre. La plupart des personnes indexées dans ces enquêtes n’ont jamais été traduites en justice. Aucune arrestation majeure n’a eu lieu et plusieurs dossiers ont été classés sans suite, au grand dam de ceux qui espéraient un regain d’intégrité dans la gestion des affaires publiques.

Cette inertie du système judiciaire soulève de sérieuses inquiétudes. Alors que l’ULCC semble jouer son rôle, le système judiciaire semble ne pas pouvoir ou vouloir agir. Ce décalage alimente un sentiment d’impunité et sape la confiance du public dans les institutions publiques.

Pendant ce temps, les pratiques de corruption se poursuivent sans relâche. Au contraire, elles se renforcent, trouvant dans cette faiblesse judiciaire un terreau fertile pour se perpétuer. Ce phénomène affecte gravement la gouvernance et bloque tout effort de développement dans un pays déjà fortement éprouvé.

Face à cette situation, nombreux sont ceux qui appellent à une réforme en profondeur du système judiciaire. Car sans une justice indépendante, fonctionnelle et crédible, la lutte contre la corruption ne sera qu’une illusion et les rapports de l’ULCC resteront lettre morte.