dimanche 1 novembre 2026

Médecins Sans Frontières alerte sur l’insécurité des civils et des établissements de santé à Port‑au‑Prince

Face à une escalade des affrontements armés depuis le 18 octobre, Médecins Sans Frontières demande aux autorités haïtiennes et aux groupes armés de garantir l’accès aux soins pour les civils, dont femmes et enfants, et de protéger les structures médicales de la capitale.

Médecins Sans Frontières alerte sur l’insécurité des civils et des établissements de santé à Port‑au‑Prince
Partager cet article

Depuis le 18 octobre 2026, la capitale haïtienne connaît une intensification des violences armées, marquée par des tirs croisés, des explosions de drones et des blessures causées par des balles perdues. Cette recrudescence fait suite à la disparition de quatre militaires salvadoriens de la Force de répression des gangs (FRG) dans la Plaine du Cul‑de‑Sac, attaqués par des groupes armés.

Dans ce contexte, Médecins Sans Frontières (MSF) a publié un communiqué appelant les autorités et toutes les parties impliquées à assurer, sans distinction, l’accès aux structures de soins pour les personnes blessées ou malades. La cheffe de mission de MSF en Haïti, Davina Hayles, souligne que les hôpitaux de Tabarre et de Cité Soleil ont reçu, entre le 18 et le 26 octobre, trente patients victimes de balles ou d’explosions de drones, dont plusieurs femmes et enfants.

Obstacles logistiques et menaces pour le personnel

Les déplacements vers les établissements de santé sont rendus très difficiles : routes et ponts bloqués, trajets de plusieurs heures pour atteindre les hôpitaux. Le personnel de MSF a même dû quitter son domicile pour se réfugier dans les logements de l’organisation, témoignant de la gravité de la situation.

En raison de l’insécurité, MSF a suspendu ses cliniques mobiles et ses opérations d’approvisionnement en eau traitée dans plusieurs quartiers touchés par les combats. L’organisation met en garde contre une possible hausse du nombre de victimes et de déplacés, notamment avec l’arrivée prévue de contingents de forces de sécurité internationales.

Plus d’un millier de militaires étrangers ont été déployés en Haïti en l’espace d’une semaine, et au moins deux vols supplémentaires en provenance d’El Salvador sont attendus le 28 octobre. MSF insiste sur la nécessité de garantir l’accès aux structures de soins encore fonctionnelles, alors que le système de santé haïtien s’est effondré et que de nombreux établissements ont fermé leurs portes.


Source : AlterPresse
AlterPresse