jeudi 17 septembre 2026

Massacre de Kenscoff : l’escalade des armes illicites et l’inaction des autorités haïtiennes

Une attaque nocturne à Kenscoff a fait près de cinquante morts, des enlèvements et des incendies, révélant la prolifération des armes illégales, l'impunité des gangs et le manque de réponses efficaces des forces de l'ordre haïtiennes.

Massacre de Kenscoff : l'escalade des armes illicites et l'inaction des autorités haïtiennes
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Dans la nuit du 23 au 24 août 2026, un groupe armé opérant depuis Port‑au‑Prince a perpétré un massacre à Kenscoff, faisant environ cinquante victimes, une cinquantaine d’enlèvements et la mise à feu de vingt‑cinq habitations. Les violences ont contraint près de 2 600 habitants à fuir leurs foyers, selon le premier relevé de l’Organisation internationale pour les migrations.

Armes illicites et soutien aux gangs

Le Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits humains (HCDH) rappelle que le pays compte entre 270 000 et 500 000 armes en circulation illégale, dont la majorité est entre les mains de groupes armés. Malgré un embargo de l’ONU instauré en 2022, les flux d’armes continuent d’alimenter les milices, renforçant leur capacité à mener des opérations de grande ampleur comme celle de Kenscoff.

Le 24 août, un gang a diffusé des images montrant une nouvelle cargaison d’armes provenant de l’étranger, illustrant la persistance du trafic malgré les sanctions internationales.

Réactions des instances internationales

Lors d’une conférence de presse à Genève, la porte‑parole du HCDH, Marta Hurtado, a qualifié l’incident de « brutalité persistante » et a réclamé une accélération du déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), tout en insistant sur le respect du droit international. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à traduire les responsables en justice et à mobiliser les unités judiciaires spécialisées dans les crimes de masse.

Amnesty International et le Comité international de la Croix‑Rouge ont également dénoncé le massacre, soulignant le coût humain de l’absence de politiques de protection et demandant des enquêtes impartiales ainsi que la libération immédiate des personnes enlevées.

Défaillance des forces de l’ordre haïtiennes

Le Réseau national de défense des droits humains a indiqué qu’aucun véhicule blindé de la Police nationale d’Haïti (PNH) ne se trouvait à Kenscoff au moment de l’attaque, le seul présent ayant été retiré une semaine auparavant. Le Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé a annoncé, le 26 août, un renforcement des opérations de sécurité dans la capitale et ses environs, tout en ordonnant à la Direction centrale de la police judiciaire d’ouvrir une enquête approfondie sur les circonstances de l’assaut.


Source : AlterPresse
AlterPresse